Emprunt obligataire : Thierno Bocoum dénonce l’attitude de l’Etat

Khalifa Sall peut compter sur le soutien de Thierno Bocoum. Thierno Bocoum, par ailleurs député à l’Assemblé nationale et membre du parti Rewmi, a profité de l’occasion pour revenir sur certains points saillants de l’actualité.



Emprunt obligataire : Thierno Bocoum dénonce l’attitude de l’Etat
«On ne peut pas mettre en place l’acte 3 de la décentralisation, reporter sans cesse la question du financement, et empêcher les collectivités locales de trouver les moyens de financer leurs projets», s’est désolé Thierno Bocoum à l’émission «Grand jury» à la Rfm ce dimanche. Dénonçant ainsi la position de l’Etat sur la question de l’emprunt obligataire, Thierno Bocoum, député et membre du parti Rewmi poursuit : «Je ne parle pas seulement de la ville de Dakar, mais aussi des autres villes. Avec l’acte trois de la décentralisation, les communes sont obligées d’aller sur le marché public ou tout simplement de favoriser la coopération décentralisée. Si l’Etat, à chaque fois qu’il doit donner son aval met en avant ce qu’on peut considérer comme des considérations politiques, ça risque de poser problème. D’ailleurs je me pose la question de savoir est-ce-que ce n’est pas cela qui motive les maires à rallier l’Apr».

Sur la question de la Suneor, le député affirme être en phase avec le gouvernement, mais néanmoins regrette la lenteur de l’Etat sur cette affaire : «nous sommes complètement en phase avec le gouvernement. Ce qui m’étonne c’est que du temps de l’opposition nous avions tous décrié les conditions dans lesquelles la Sonacos avait été vendu et nous avions cru que la première décision du Président de la République serait de revoir cet affaire».

Thierno Bocoum a aussi donné son avis sur le fonctionnement de l’hémicycle. «A l’Assemblée, nous avons l’impression que nous sommes au service de l’Exécutif». Et de dénoncer le comportement de collègues de la majorité : «Aujourd’hui on a l’impression que pour la majorité des parlementaires être loyal au président Macky Sall, c’est d’offrir l’Assemblée nationale à l’Exécutif. La majorité doit soutenir le président Macky Sall, je suis entièrement d’accord. Mais si vous faites une enquête parlementaire sur quelque chose, vous trouvez un problème et vous soumettez les résultats au Président, vous êtes en train de l’aider».

Sur le dossier Karim Wade le député de Rewmi se veut catégorique : «Quiconque a eu à gérer les deniers de l’Etat doit rendre des comptes. Mais nous pensons que dans ce dossier il y a énormément de violation des droits des prévenus, et nous l’avons condamné depuis le début, et ce quand nous étions même dans Benno bok yakar».

Le «rewmiste», n’a pas manqué de regretter les propos de l’ancien Président de la République visant Macky Sall : «Nous devons extirper du langage politique ce genre de propos qui ne nous rapporte rien du tout. Mais je suis désolé de le dire mais ce n’est le seul fait du Président Wade. Dans un passé récent, des membres du parti au pouvoir ont eu à tenir des propos similaires, ils n’ont pas été sanctionnés. Au contraire, ils ont même été promus. Ces propos doivent être condamnés de la manière la plus énergique de quelque bord d’où ça puisse venir», a-t-il déclaré avant de dénoncer l’attitude de l’ambassadeur de France : «il revient à la justice et seulement à elle de dire qui doit être condamné».

Ousmane Demba Kane

Dimanche 15 Mars 2015 - 15:07



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