En Chine, un 1er-Mai sans manifestations syndicales

En Chine, pour le 1er mai, ni défilé du parti communiste au pouvoir, ni manifestations. Car dans le calendrier chinois, cette date est surnommée «Linxia» ou «début de l’été». Un jour férié dont se réjouit la nouvelle classe moyenne : des millions de Chinois en profitent pour partir en week-end prolongé. Mais ceux qui militent pour défendre les droits des travailleurs ont du mal à faire entendre leur voix.



En Chine, un 1er-Mai sans manifestations syndicales
Tout Chinois qui ose réclamer de meilleures conditions de travail risque gros, comme Zeng Feiyang, Tang Huanxing et Zhu Xiaomei. Tous les trois se battaient aux côtés des travailleurs migrants. Accusés d’avoir organisé une grève dans une usine de chaussures, ils ont été condamnés à des peines de prison. Par peur de voir émerger un mouvement ouvrier, Pékin interdit tout travail syndical indépendant.

Même si les salaires des 280 millions d’ouvriers migrants venus des zones rurales ont augmenté de 6,6% l’an dernier, leurs revenus ne dépassent toujours pas 435€ par mois. Avec un moteur économique au ralenti et des coûts de production en hausse, les patrons sont sous pression et leurs employés menacés de licenciements.

Selon l’ONG China Labour Bulletin, des millions de salariés ont déjà perdu leurs emplois dans la construction et la manufacture. Les entreprises d’Etat suivront : face au risque de sureffectif, Pékin a annoncé la suppression d’1,8 million de postes dans les mines et les aciéries.

Pourtant, le taux de chômage oscille invariablement autour de 4%. C'est que les travailleurs migrants ne sont en effet pas pris en compte dans les statistiques officielles.
 
RFI

Ousmane Demba Kane

Lundi 1 Mai 2017 - 10:32



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