En Egypte, la mobilisation des soutiens au président déchu, Mohamed Morsi, a fléchi

Les partisans du président déchu, Mohamed Morsi, ont manifesté mardi 30 juillet par milliers au Caire notamment. Les Frères musulmans se disent toujours déterminés à poursuivre leur mobilisation pour le retour au pouvoir de Mohamed Morsi. Mais mardi le rassemblement était plus modeste qu'annoncé. La confrérie n'a pas atteint ses objectifs.



En Egypte, la mobilisation des soutiens au président déchu, Mohamed Morsi, a fléchi
Mardi 30 juillet, les cortèges, composés de milliers de personnes portant des cercueils symboliques, ont perturbé la circulation au Caire, mais on était bien loin de la démonstration de force et des deux millions de manifestants que prévoyaient les Frères musulmans. Un signe de faiblesse qui a immédiatement été saisi par les adversaires de la confrérie. Les riverains exaspérés Les habitants de la place Rabaa al-Adawiya où campent depuis plus d’un mois des dizaines de milliers de Frères musulmans ont réitéré leur appel à disperser le sit-in. Les habitants invoquent l’extrême difficulté à accéder à leurs domiciles. La police a elle aussi brandi la menace d’une intervention pour arrêter les dirigeants Frères musulmans réfugiés dans le rassemblement. L’armée a, de son côté, indiqué que les armes s’entassaient à Rabaa al-Adawiya, du pistolet à cartouches au mortier. Mais la plus récente offensive est venue du ministre du Tourisme. Hicham Zaazoue a affirmé que les rassemblements et les cortèges faisaient fuir ce qui restait de touristes. « Dimanche il n’y a eu que sept touristes qui ont visité le plateau des Pyramides », a-t-il déclaré sur une chaîne de télévision. Seul le vice-président Mohamad el-Baradei reste attaché à une solution politique à ce que les Egyptiens qualifient de « problème Rabaa al-Adawiya ». Quelle stratégie pour les pro-Morsi ? Les partisans du président déchu sont confrontés désormais à un problème de stratégie. Cela fait plus d’un mois qu’ils occupent les abords de la mosquée de Rabaa et de l’université du Caire, qu’ils multiplient les journées de manifestations émaillées de temps à autre de violences qui tournent parfois au carnage comme samedi 27 juillet au matin, au Caire, sans pour autant que leur cause avance d’un pouce, et sans obtenir la moindre concession du camp adverse. Car en face, l’armée le gouvernement de transition et les militants anti-Morsi restent fermement campés sur leurs positions. La violence de la répression qui s’est abattue sur les pro-Morsi a suscité l’embarras d’une partie de la coalition qui s’est formée le 30 juin dernier. Mais elle n’a pas vraiment entamé la popularité du général al-Sissi et de l’armée égyptienne, au sein de la population. Le temps va donc commencer à jouer contre les pro-Morsi. A mesure que le mois de ramadan avance, il sera de plus en plus difficile de motiver les militants. Ces derniers, comme les dirigeants des Frères musulmans, assurent cependant qu’il n’en est rien, que leur stratégie est payante, et surtout qu’ils restent tout aussi mobilisés qu’il y a un environ un mois, lorsque Mohammed Morsi a été destitué.

RFI

Mercredi 31 Juillet 2013 - 14:33



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