En Haïti, le foot plus important que les élections

Bien que pour les prochaines élections dont la date vient d'être annoncée, les Haïtiens se passionnent pour la Coupe du monde de football au Brésil.



Haïti à l'heure de la Coupe du monde de football, drapeaux brésiliens au vent. AFP/Hector Retamal
Haïti à l'heure de la Coupe du monde de football, drapeaux brésiliens au vent. AFP/Hector Retamal

En Haïti, le président Martelly a annoncé officiellement la tenue des élections à l'automne. Les scrutins, pour élire notamment 20 sénateurs, 120 députés et tous les maires du pays, auraient dû se tenir en novembre 2011. Le gouvernement voulait faire avancer le processus électoral avant le début de la Coupe du monde de football mais en signant l'arrêté qui convoque les citoyens aux urnes, Michel Martelly ne respecte pas la constitution car le conseil électoral n'est pas encore fonctionnel.

Mais dans les rues de la capitale, les élections sont loin de passionner : il n'y en a que pour le ballon rond. Devant son petit dépôt de boissons, Loulou est préoccupé, non pas par la crise électorale qui paralyse la vie politique... Sa grande question : avec un grand drapeau brésilien et des guirlandes jaunes et vertes, son petit commerce est-il assez décoré ? « Je supporte le Brésil, c'est eux que j'aime, explique t-il. J'attends la Coupe du monde depuis longtemps pour voir mon équipe gagner parce que je suis fanatique. Les élections ? Bon, ça ne m'a jamais servi à rien. Parlons plutôt de la Coupe du monde qui commence ».

Compositions des équipes, pronostics : ici on ne parle que de foot. Raymond se fâche même quand on lui parle des élections. « Je ne veux pas du tout, du tout en entendre parler. C'est une chose que je déteste. Ils promettent tous pendant les campagnes mais une fois qu'on a voté, on ne les voit plus derrière les vitres teintées de leurs voitures. Ca donne trop de problèmes au pays. Avec la coupe du monde, aucun problème : vue notre misère, quand on voit de beaux buts, ce grand événement, c'est très important car on oublie notre stress. C'est mieux que les élections ».

Désabusés par la politique, les clients du bar informel jouent aux dominos pour une dernière après-midi. Car pendant un mois, la place sera occupée par deux petits écrans de télé et un poste radio : tout pour être sûr de ne rien rater de chaque match.

Source : Rfi.fr



Jeudi 12 Juin 2014 - 09:12



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