En Turquie, Erdogan relance les purges

Plus d'un millier de personnes soupçonnées d'être liées à la mouvance du prédicateur Fethullah Gülen ont été arrêtées ce mercredi dans tout le pays.



La purge se poursuit en Turquie. Ce mercredi, dix jours après la victoire étriquée du président Erdogan à un référendum constitutionnel sur l'élargissement de ses prérogatives, la police a mené un nouveau coup de filet à travers la Turquie. Dans sa ligne de mire: les partisans présumés du prédicateur et opposant Fethullah Gülen, pointé du doigt dans la tentative de coup d'État avorté de juillet dernier. Les quelque 1009 personnes arrêtées, selon le Ministère de l'intérieur, Süleyman Soylu, rejoignent les 40.000 détenus placés sous les verrous en huit mois.

Cette nouvelle vague de purges, qui a mobilisé 8500 policiers à travers tout le pays, se déroule à trois semaines d'une visite cruciale de Recep Tayyip Erdogan aux États-Unis: un déplacement au cours duquel la demande d'extradition de Gülen fera, en plus de la question de la lutte contre la menace terroriste djihadiste, l'objet des discussions principales. L'ex-allié politique du président turc, devenu son ennemi public numéro un, vit reclus en Pensylvanie, dans le nord-est des États-Unis. Les autorités turques ont maintes fois demandé à Washington de leur renvoyer le prédicateur. Mais sans succès.
«Une liste de 7000 noms»
 
Selon Süleyman Soylu, les arrestations de mercredi sont «une mesure importante dans l'intérêt de l'Etat de la République de Turquie». Elles visent, dit-il, à «nettoyer» les rangs de la police des éléments soupçonnés d'appartenir à la mouvance güléniste. «L'étape la plus importante des efforts visant à identifier et à détruire une structure qui s'est infiltrée dans notre police, qui cherche à contrôler notre police de l'extérieur (...) a été accomplie ce matin», a enfin précisé le ministre. Une purge qui pourrait se poursuivre dans les jours qui viennent: les médias turcs évoquent «une liste de 7000 noms» visés par un mandat d'arrêt dans le cadre de cette opération conjointe des services de la police et des renseignements.

D'après les observateurs, ces nouvelles purges sont également le signe d'un président qui, bien que fier de brandir la victoire du «oui» au référendum, se sait plus que jamais défié de l'intérieur. Obtenue de justesse, et contestée par l'opposition qui dénonce ouvertement des fraudes, cette demi-victoire est révélatrice d'un pays plus que jamais fragmenté.

lefigaro.fr

Mercredi 26 Avril 2017 - 21:10



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