En direct: élections législatives et communales à risque au Burundi

Au Burundi, un peu moins de 4 millions d’électeurs sont appelés aux urnes pour des élections communales et législatives ce lundi 29 juin. Les scrutins n'ont pas été reportés malgré le blocage politique. Le vote est donc boycotté par l’opposition et la société civile, toujours opposés à la candidature du président sortant à sa propre succession le 15 juillet prochain. Les opposants dénoncent un simulacre électoral. La communauté internationale appelait elle aussi à reporter pour laisser une chance au dialogue. Sur fond de violences, les bureaux de vote ont ouvert petit à petit ce lundi matin.



Des milliers de soldats sont mobilisés pour protéger les bureaux de vote, souvent installés dans des tentes en banlieue des quartiers sensibles pour éviter tout débordement, comme ici dans le quartier Musaga à Bujumbura
Des milliers de soldats sont mobilisés pour protéger les bureaux de vote, souvent installés dans des tentes en banlieue des quartiers sensibles pour éviter tout débordement, comme ici dans le quartier Musaga à Bujumbura

Les bureaux de vote devaient ouvrir ce lundi 29 juin à 4 h TU. Pour autant, de nombreux retards ont été constatés par RFI. Dans le quartier de Nyakabiga  par exemple, à 5h30 TU, une heure et demie après l'ouverture prévue, les centres n'étaient pas encore opérationnels.

Pourtant, le président de la commission électorale provinciale indépendante de Bujumbura a indiqué à RFI que les bureaux de vote étaient en place dans tous les quartiers de la capitale, malgré des retards de distribution du matériel. Il est vrai que dans certains quartiers, les électeurs sont arrivés tôt, mais le vote a pris beaucoup de retard.

Dans la commune de Mugongomanga, sur les hauteurs de Bujumbura, le personnel de la Commission électorale a aussi pris beaucoup de retard dans les bureaux de vote. Deux heures après leur ouverture, aucun électeur n'était encore arrivé sur place. Plus on se rapproche de Bujumbura, plus la Commission électorale explique que c’est notamment à cause de l’insécurité dans la capitale  que le personnel est arrivé en retard.

 

Tensions

Un centre de vote était tout de même ouvert tôt ce lundi matin dans la commune de Kagnocha. Une bonne dizaine d’électeurs étaient déjà présents aux alentours de 5h15 TU. Le personnel leur expliquait comment voter, ils présentaient leur carte d’électeur mais pas leur carte d’identité. Ce qui pose problème puisque pour vérifier l’identité il faut la carte d’identité.

A un moment, l’un des membres de la Commission a montré comment il fallait cocher les cases et à ce moment-là, il s'est rapproché de la zone du parti au pouvoir et a regardé les journalistes qui étaient présents. Il a finalement préféré mettre son doigt sur un autre parti.

Les bureaux de vote ouvraient donc , ce lundi matin, sous haute sécurité. Des policiers et des militaires surveillent le scrutin pour éviter tout débordement, après les attaques de plusieurs bureaux de vote cette nuit à Bujumbura.

Violences

Ces scrutins ont débuté après une nuit deviolences, entraînant des scènes de panique dans la capitale. A Nyakabiga, quartier chaud en pointe dans les manifestations contre le troisième mandat du président Pierre Nkurunziza, des tirs nourris et des explosions de grenades ont ponctué la nuit. Des bureaux de vote ont par ailleurs été attaqués à Cibitoké et Jabé, mais les assaillants ont finalement été repoussés par les forces de l'ordre. Aucun dégât n'est à déplorer dans les bureaux de vote pour le moment selon les autorités.

Au total, des sources policières contactées par RFI font état de 15 explosions de grenades à Bujumbura, six policiers ont été légèrement blessés dans la capitale et deux véhicules endommagés, mais d'autres violences sont à déplorer dans les provinces du sud-est et du sud-ouest du Burundi. Le président de la Céni  du Burundi, Pierre Claver Ndayicariye, dit que « la sécurité est totale car elle est assurée par l'armée et la police ». Des dizaines de milliers de policiers et de soldats ont été déployés, rappelle-t-il. Il appelle donc les électeurs à venir voter massivement alors que l'opposition et la société civile appellent au boycott  de ces élections très contestées.


Le président de la Céni Pierre Claver Ndayicariye a tenu a rassurer la population sur la situation sécuritaire au Burundi et appelé les électeurs à se rendre aux urnes le 29 juin. Ici, lors d'une conférence de presse la veille des élections. AFP PHOTO / LANDRY NSHIMIYE
Le président de la Céni Pierre Claver Ndayicariye a tenu a rassurer la population sur la situation sécuritaire au Burundi et appelé les électeurs à se rendre aux urnes le 29 juin. Ici, lors d'une conférence de presse la veille des élections. AFP PHOTO / LANDRY NSHIMIYE

Rfi.fr

Lundi 29 Juin 2015 - 09:23



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