En direct: reprise des recherches sur les lieux du crash de l’A320

Une gigantesque opération de recherche a repris, ce mercredi, afin de tenter de retrouver, en pleine montagne, les restes des 150 victimes de l'accident de l’Airbus A320 de la compagnie allemande Germanwings qui s'est écrasé hier dans le sud des Alpes. Les raisons du crash ne sont toujours pas connues mais l’analyse de l'une des boîtes noires retrouvée devrait apporter de nouvelles informations.



Les dix hélicoptères de l’armée reprennent peu à peu leurs rotations. Des recherches qui reprennent avec des conditions météo un peu plus favorables qu’hier après-midi où la couverture nuageuse et où les épisodes de pluie ont vraiment compliqué le travail des équipes sur place.

Autre complication : ces débris de l’Airbus pulvérisé sont dispersés sur plusieurs hectares en tout, même si le gros de la carcasse se trouve sur une surface décrite grande comme un terrain de football. Mais elle est située dans un périmètre particulièrement escarpé, un flanc de pente abrupt à 1 500 mètres d’altitude, difficile d’accès pour qui n’est pas montagnard chevronné.

Des moyens importants ont été déployés : 600 gendarmes et pompiers sont mobilisés, deux avions, et donc une dizaine d’hélicoptères appartenant à l’armée et la gendarmerie.

Les opérations vont durer sans surprise plusieurs jours. Une caravane de gendarmes de haute montagne doit ouvrir une voie terrestre ce mercredi car il n’y a pas vraiment de route pour accéder à ce périmètre. Les transports se font actuellement par hélitreuillage et les hélicoptères particulièrement adaptés à ce type d’intervention, comme le Super Puma, pour faciliter autant que possible le travail des enquêteurs.

Au cœur de ce dispositif déployé, il y a la commune de Digne-les-Bains, à une quarantaine de kilomètres du lieu du crash, qui se prépare spécifiquement à l’accueil des familles des victimes. « Nous avons équipé nos plus grosses infrastructures, le gymnase, le palais des Congrès avec l’aide de la Croix-Rouge et des pompiers pour pouvoir accueillir dans les meilleures conditions les familles, en lien aussi avec le centre hospitalier, avec l’équipe d’aide psychologique de soutien et d’accompagnement, détaille à RFI la maire de la ville Patricia Granet-Brunello.On a prévu d’accueillir sur une structure entre 300 et 400 personnes et sur l’autre structure de 400 à 800 personnes. »

La population de Digne-les-Bains est, elle, sous le choc. Et la solidarité se fait jour. « On a des appels incessants, des messages incessants pour venir aider, pour héberger les familles, à domicile si c’est nécessaire. Il y a vraiment une mobilisation ici qui fait chaud au cœur », témoigne Patricia Granet-Brunello.

 ■ Le point sur l'enquête : la découverte d'une boîte noire

« C'est une scène très difficile d'accès », avait d'emblée prévenu le général de gendarmerie David Galtier, mardi après-midi. Mais une des boîtes noires de l'appareil a été retrouvée, et selon les dernières informations disponibles, il s'agit de celle enregistrant les sons du cockpit. Elle est exploitable mais « endommagée », a précisé une source proche de l'enquête à l'AFP. Elle a été transférée à Paris ce mercredi matin, au Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA).

Selon le patron de la compagnie Germanwings, l'Airbus A320 aurait commencé à perdre de l'altitude vers 10h35 ce mardi et aurait chuté durant huit minutes avant de s'écraser. Cette durée suggère une descente rapide, mais pas une chute libre, aux yeux de plusieurs experts en aéronautique. Après avoir cru dans un premier temps que l'appareil avait envoyé un signal de détresse, on a appris que c’est en fait la Direction générale de l'aviation civile qui a émis ce signal après avoir constaté que l'appareil avait disparu des radars, et qu'il n'y avait plus de contact avec l'équipage.

 → A (RE)LIRE : Crash de l'A320: les précédentes catastrophes aériennes en France

« Toutes les hypothèses doivent être regardées », a précisé ce mercredi matin le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, mais un acte terroriste n'est pas à ce stade l'hypothèse privilégiée. Une possibilité que semble écarter aussi Jean-Claude Bück, ancien pilote de ligne et commandant de bord chez Air France, et ancien président de l’Académie de l’air et de l’espace, interrogé par RFI « D’une part parce que l’accès au cockpit est sécurisé. Il y a une porte plus ou moins blindée et il faut un code pour y rentrer. Après sous la menace, on peut obliger une hôtesse à composer le code, mais ça suppose une préparation en amont et ça suppose une revendication en aval. Et d'autre part car cet avion là ne semble pas être une cible particulièrement intéressante. »

Une chapelle ardente et un PC opérationnel ont été installés à Seyne-les-Alpes, où des familles de victimes sont attendues mercredi, et où se recueilleront à la mi-journée François Hollande, Angela Merkel et Mariano Rajoy avant une visite des dispositifs de secours. La chancelière allemande a fait part, hier, de son émotion. « C'est un choc pour nous en Allemagne mais également en France et en Espagne », a déclaré Angela Merkel.

Au comptoir de Germanwings, à l’aéroport de Düsseldorf, où devait atterrir l’avion, « l’atmosphère est grave et solennelle », relate notre envoyé spéciale, Stefanie Schüler. Et la presse allemande s'interroge sur le drame. « Pourquoi ? », se demande le plus grand quotidien européen Bild Zeitung rappelant les faits tragiques : la présence de bébés, d'une classe de lycéens qui rentrait d’un séjour en Espagne avec seize élèves et deux professeurs d’une même localité, et les huit minutes en chute libre - « 480 secondes » précise le journal.

Un quotidien munichois souligne de son côté qu’il s’agit du premier crash d’une compagnie à bas coûts européenne. Enfin un journal de Leipzig se demande si la guerre des prix qui règne entre ces compagnies a pu avoir une conséquence sur la maintenance et la sécurité de l’avion.


Rfi.fr

Mercredi 25 Mars 2015 - 11:10



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