En raison de la présence d’Ebola, le Sahel en proie à une grave crise alimentaire et nutritionnelle



En raison de la présence d’Ebola, le Sahel en proie à une grave crise alimentaire et nutritionnelle
La région Sahel et Afrique de l’Ouest constituent l’une des zones les plus fragiles en termes  d’équilibre alimentaire. Elle a connu plusieurs crises alimentaires et/ou nutritionnelles depuis l’an  2000. Cette région subit actuellement l’une des crises épidémiologiques les plus graves. Il s’agit de l’épidémie de fièvre hémorragique à virus Ebola qui affecte plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest.  Cette épidémie risque d’entrainer une grave crise alimentaire et nutritionnelle dans notre espace si des mesures énergiques ne sont pas prises pour la stopper. En effet, cette épidémie, selon le document du Comité permanent Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CIlSS), hormis les nombreux morts dénombrés à ce jour, a des impacts sur les  productions agricoles, les marchés et, de manière globale, sur la sécurité alimentaire et  nutritionnelle régionale selon les informations partielles reçues des pays.  Sur le plan agricole, la production globale pourrait drastiquement chuter dans les zones touchées  en Guinée, au Libéria et en Sierra Léone et au niveau des zones frontalières à ces pays. En effet,  le développement de l’épidémie (depuis le mois de mai 2014) a coïncidé avec la saison pluvieuse.

 
Cette maladie a occasionné un manque de main d’œuvre important notamment lors des travaux de  préparation, d’entretien des champs et de récolte. Les agriculteurs des zones affectées vont subir les conséquences des pénuries alimentaires qui en découleront.  Concernant les marchés, en raison de la fermeture des frontières terrestres, décidée par certains Etats, les circuits sous-régionaux de distribution des produits alimentaires sont fortement perturbés. Il en est de même pour l’intérieur des pays touchés, la limitation des déplacements ne facilite pas la poursuite des transactions commerciales avec des conséquences néfastes prévisibles pour  l’ensemble des acteurs (déficit d’accès aux aliments pour les acheteurs ; baisse des prix et des revenus pour les producteurs).
 

Par ailleurs, ces restrictions de circulation ont conduit à une flambée des prix de certaines denrées  alimentaires dans les zones ou pays affectés ou non (exemples du riz importé au Libéria ou de l’huile de palme, du café et des fruits au Sud du Sénégal). Elles conduisent également à une situation de « chômage » pour de nombreux acteurs le long des filières de commercialisation des produits agricoles dans la région. Bien que l’interdiction de la consommation de viande de brousse soit justifiée sur le plan sanitaire, une telle mesure va entrainer, sur le plan alimentaire et nutritionnel, une réduction des apports en protéines animales et une perte de revenus. A moyen et long terme, ce sont les moyens d’existence des populations qui risquent d’être fortement entamés.
 

Face à cette situation, le CILSS exprime sa solidarité agissante à l’endroit des populations touchées. A cet effet, il a décidé en collaboration avec l’ensemble de ses partenaires, de conduire des évaluations plus approfondies pour mesurer l’impact de cette épidémie sur la situation alimentaire et nutritionnelle au Sahel et en Afrique de l’Ouest. Ces évaluations permettront de donner des orientations claires sur les actions à mener pour prévenir et ou lutter contre l’insécurité alimentaire grave qui menace la région.


Lundi 29 Septembre 2014 - 15:51



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter