Enlèvement du prêtre français au Cameroun: des doutes après les revendications

Qui a enlevé le prêtre français, le père Georges Vandenbeusch ? La revendication par une source anonyme que l'opération aurait été menée conjointement par Boko Haram et Ansaru, la faction dissidente de la secte islamiste, laisse les spécialistes perplexes. Par ailleurs, François Hollande a laissé entendre qu'il voulait confier les négociations pour sa libération aux autorités camerounaises.



Le père Georges (au milieu) entouré d'enfants du village, l'an dernier à Nguetchéwé. Diocèse de Nanterre
Le père Georges (au milieu) entouré d'enfants du village, l'an dernier à Nguetchéwé. Diocèse de Nanterre
Alors que les recherches se poursuivent pour tenter de retrouver le prêtre français enlevé dans l'Extrême-nord du Cameroun dans la nuit de mercredi à jeudi 13 novembre, le président français François Hollande s'est exprimé sur ce sujet vendredi après-midi à l'issue d'un entretien à l'Elysée avec son homologue togolais Faure Gnassingbé. « Le prêtre français a été sûrement emmené vers le Nigeria », a dit le président. Pour ce dernier, la France paie encore une fois « le prix de son intervention au Mali ».
 
Plus tôt dans la journée du vendredi, une source au sein du groupe islamiste armé nigérian Boko Haram, citée par l'AFP, assurait que la secte islamiste détenait bien le prêtre français, le père Vandenbeusch, et que l'opération aurait été menée conjointement avec la faction Ansaru.
 
Perplexité du côté des experts

 
Cette déclaration laisse les spécialistes relativement perplexes, car le groupe Ansaru est une faction dissidente de Boko Haram. Selon des sources sécuritaires, il n’existerait aucune coordination entre ces deux groupes depuis l'émergence officielle d'Ansaru en janvier 2012, à l'occasion des attaques menées sur la ville de Kano par Boko Haram.
 
L'information est d’autant plus étonnante qu’Ansaru opère d’ordinaire dans l’extrême nord-ouest du Nigeria. Les experts estiment que le fief du groupe se situe entre Kano et Sokoto, c’est-à-dire à plus de 700 kilomètres de la frontière avec le Cameroun. S’agit-il d’une stratégie de communication de la part de la secte pour peser en cas d’éventuelles négociations, sachant qu’Ansaru détient depuis un an le Français Francis Collomb ? Ou alors, à l’inverse, est-ce que Boko Haram et Ansaru auraient véritablement resserré leurs liens, suite notamment à des pertes humaines importantes causées par des offensives menées par des militaires depuis la mi-mai ?
 
Le Cameroun à la manœuvre

 
Ce sont des questions auxquelles il est impossible de répondre pour le moment. La secte Boko Haram est devenue une nébuleuse complexe qui abrite de nombreux courants : des partisans du dialogue, des bandits et des terroristes. Impossible aussi de confirmer ou de vérifier les informations. On sait seulement que le père Vandenbeusch, âgé de 42 ans, a été enlevé dans la même zone que la famille Moulin-Fournier, kidnappée en février et libérée deux mois plus tard.
 
→ A RE(LIRE): Libération de la famille française enlevée au Cameroun 

 
Hier, face à la presse, le président François Hollande a laissé clairement entendre qu'il s'appuierait une fois de plus sur les autorités camerounaises pour les négociations pour la libération du prêtre. Le président Paul Biya a en effet démontré dans un passé récent qu'il disposait d'excellents réseaux qui ont prouvé leur efficacité. C'est grâce à lui, et après de délicates négociations, qu'en avril dernier, les Moulin-Fournier, avaient été libérés.

Source : Rfi.fr
 

Dépéche

Samedi 16 Novembre 2013 - 09:16



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