Enquête à Paris sur la mort de la photographe Camille Lepage en Centrafrique



Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour assassinat sur le décès de la photographe française Camille Lepage, lors d'un reportage en République centrafricaine (RCA), en proie depuis des mois à des violences intercommunautaires, a indiqué mercredi à l'AFP une source judiciaire.
La photographe française Camille Lepage, qui effectuait un reportage en Centrafrique, a été tuée dans une embuscade qui a fait au moins dix morts parmi les milices chrétiennes anti-balaka et d'ex-rebelles Séléka dans l'Ouest.
"L'embuscade qui a coûté la vie à la journaliste a eu lieu à Gallo, un village situé sur l'axe Bouar-Garoua-Boulaï (Cameroun). Il y a eu des affrontements qui ont duré plus d'une demi-heure et ont fait au moins dix morts, dont quatre anti-balaka et six ex-Séléka et peuls armés", ces derniers ayant tendu l'embuscade, a affirmé cette source.
"Les anti-balaka basés à Bouar et à Cantonnier à la frontière avec le Cameroun, effectuent des patrouilles sur ce tronçon, et ont eu à plusieurs reprises des accrochages meurtriers avec des ex-Séléka et peuls armés", a-t-elle précisé sous couvert d'anonymat.
Mardi soir, une source militaire française avait également fait état d'une embuscade.
"Cela date de deux jours. Camille Lepage était en compagnie des anti-balaka pour son reportage. Ils seraient tombés dans une embuscade certainement tendue par des éléments armés qui écument la région. Elle a subi des tirs et les anti-balaka ont remonté le corps ainsi que ceux de leurs compagnons. Une enquête est ouverte pour déterminer les circonstances exactes de son décès", a expliqué mardi cette source militaire, qui a demandé à rester anonyme.
Le président François Hollande a lui-même annoncé mardi dans un communiqué le décès de la jeune femme et a promis de mettre en oeuvre "tous les moyens nécessaires pour faire la lumière sur les circonstances de cet assassinat et retrouver les meurtriers".
Jean-François Copé, le président de l'UMP, a affirmé que la mort de Camille Lepage était "un assassinat absolument bouleversant", mercredi sur Itélé.
Selon lui, "le métier de journaliste est un métier dont on ne doit jamais oublier qu'il comporte parfois bien des dangers quand il est sur des théâtres comme ceux qu'on connaît en Centrafrique (...) Ca fait partie des risques terribles des métiers de reporters de guerre".
La Centrafrique a sombré dans le chaos et les violences intercommunautaires, lorsque l'ex-rébellion Séléka, à majorité musulmane, a pris brièvement le pouvoir entre mars 2013 et janvier 2014 dans un pays composé à 80% de chrétiens, multipliant les exactions.
Dites "anti-balaka", des milices chrétiennes hostiles aux Séléka et plus généralement aux musulmans, se sont formées, semant elles aussi la terreur parmi les civils.

AFP

Mercredi 14 Mai 2014 - 11:33



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