Espagne: jour d'obsèques après la catastrophe ferroviaire de Saint-Jacques-de-Compostelle

Ce lundi est un jour solennel en Espagne et à Saint-Jacques-de-Compostelle en particulier. La cérémonie officielle en hommage aux victimes se tiendra à 17 h (TU) en la cathédrale de Saint-Jacques, en présence de toutes les autorités du pays, la famille royale, le chef du gouvernement Mariano Rajoy -originaire de la ville- et les chefs de l'exécutif de Galice. Retour sur cet accident de train, le plus meurtrier depuis 70 ans en Espagne. Et sur la situation judiciaire du conducteur, Francisco José Garzon, inculpé depuis hier pour homicides par imprudence.



Espagne: jour d'obsèques après la catastrophe ferroviaire de Saint-Jacques-de-Compostelle

Cette journée aura beaucoup de solennité et un caractère très officiel. Les autorités espagnoles ont compris que cet accident de train, le pire en 70 ans, a choqué tous les Espagnols au coeur de l'été. A cela, plusieurs raisons : l'énormité du nombre de victimes, de blessés graves ; et puis les images de la douleur des familles et aussi la vague de solidarité extraordinaire qui s'est manifestée, notamment avec les dons du sang, et puis cette image, ou plutôt ces images qui tournent en boucle sur les télévisions et les sites internet, où l'on voit le train entrer dans le virage fatidique, dérailler et se fracasser contre les parois en béton. Cela glace le sang. Chacun sent qu'il aurait pu être dans ce train vers Saint-Jacques-de-Compostelle. D'où l'impact émotionnel.

Parallèlement, au-delà de la douleur et de la grand-messe, l'enquête avance ; et on peut dire que l'étau se resserre aussi sur Francisco José Garzon, le conducteur du train qui est sous vigilance policière depuis le drame. On veut comprendre pourquoi il n'a pas freiné et pourquoi il a négocié le virage à 190 km/h au lieu de 80 km/h.

Mis en examen pour homicides par imprudence, en liberté conditionnelle

Le juge l'a mis en liberté conditionnelle, mais il l'a tout de même mis en examen pour 79 homicides par imprudence. Francisco José Garzon demeure sous contrôle judiciaire. Dans la pratique, il devra se rendre au tribunal une fois par semaine et on lui a retiré son passeport pour éviter tout risque de fuite. Et évidemment il ne pourra plus conduire de train jusqu'à nouvel ordre, et ce, alors que ce professionnel chevronné travaillait pour la Renfe, les chemins de fer espagnols, depuis trente-deux ans, dont douze comme assistant conducteur puis conducteur de train en chef.

On ne sait pas ce qu'il a dit au juge, puisque l'entretien s'est déroulé à huis clos. Francisco José Garzon est entré par un passage discret, lunettes de soleil sur le nez et le front tuméfié. On sait juste qu'au cours des deux heures d'interrogatoire, il a reconnu avoir commis une imprudence. Et une gigantesque imprudence : avoir abordé le fameux virage qui entre dans Saint-Jacques-de-Compostelle à 190 km/h, au lieu de 80 km/h. Une imprudence qui a tué 79 personnes.

Pas de chasse à l'homme

Quelques secondes seulement après l'accident, alors que Francisco Garzon est coincé dans sa cabine, blessé légèrement, il appelle les services d'urgence et admet avoir conduit dans le virage à 190 km/h. Il ajoute même : « Nous sommes humains, nous sommes humains. Pauvres voyageurs, j'espère qu'il n'y a pas de victimes sinon je les aurais sur la conscience ». Ces paroles sont des charges contre lui. Personne ne comprend qu'il n'ait pas freiné, d'autant que le chef de gare le lui avait signalé par radio quatre kilomètres avant le virage.

Presque tout le monde est contre lui : les autorités ferroviaires, la police nationale, et le ministère de l'Intérieur. Tous l'accusent d'être responsable de l'accident sans prendre trop de gants. Mais dans cette excitation, la population locale, les familles de victimes et des blessés y compris, se montrent beaucoup plus calmes et modérés. Il n'y a pas de chasse à l'homme, mais de la mesure et du respect pour processus judiciaire.


Rfi.fr

Lundi 29 Juillet 2013 - 12:50



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