Espionnage: les Etats-Unis s’attendent à d’autres accusations

Alors qu’une délégation allemande doit venir à Washington pour discuter des opérations d’espionnage et d’écoutes téléphoniques, le gouvernement américain s’efforce de dissiper les inquiétudes des Européens, sans écarter la possibilité que d’autres accusations « fassent surface ».



Barack Obama est dans une position délicate depuis plusieurs jours vis-à-vis de ses partenaires européens. REUTERS/Larry Downing
Barack Obama est dans une position délicate depuis plusieurs jours vis-à-vis de ses partenaires européens. REUTERS/Larry Downing
Le département d’Etat a déclaré qu’aucune décision n’avait été prise concernant les pourparlers proposés par l’Union européenne à propos des programmes d’écoutes téléphoniques et électroniques de l’Agence
américaine de sécurité nationale (NSA). La porte-parole du ministère, Jennifer Psaki, a reconnu que ce qu’elle a appelé « la publication d’informations classifiées non autorisée » avait créé des difficultés dans les relations avec certains des partenaires des Etats-Unis. Mais elle a répété l’argument souvent avancé par l’administration Obama, à savoir que les renseignements recueillis par la NSA sont partagés avec les alliés de Washington et servent aussi leurs intérêts sécuritaires.
 
« A l’avenir, nous continuerons tout naturellement de collecter les informations dont nous avons besoin pour être, nous ainsi que nos alliés, en sécurité, a-t-elle indiqué. Nous tiendrons compte naturellement des vues de nos amis et partenaires lors des conversations que nous avons avec eux et nous continuerons de chercher un équilibre entre sécurité et vie privée. Nous nous attendons à ce que d’autres accusations fassent surface en raison du nombre important d’informations sensibles divulguées par Monsieur Snowden. »
 
 → A (RE)LIRE : «L'espionnage entre Etats: un jeu de dupes qui, dévoilé, peut avoir des incidences»

 
Outre François Hollande et Angela Merkel, ce seraient au total 35 dirigeants qui auraient été placés sur écoute. Barack Obama va devoir passer beaucoup de temps au téléphone pour essayer de calmer leur mécontentement.

 ■ VU D'ALLEMAGNE : Angela Merkel joue l'apaisement

 
Avec notre correspondant à Berlin, Pascal Thibaut
 
Angela Merkel ne veut pas jeter de l’huile sur le feu. Après le sommet européen de Bruxelles, l’affaire des écoutes de la NSA est évoquée à la marge. Et la chancelière réduit la portée d’un front commun franco-allemand contre les Etats-Unis et reste vague sur les négociations avec Washington.
 
 → A (RE)LIRE : Espionnage: Paris et Berlin durcissent le ton face aux Etats-Unis

 
« Chacun de nous va négocier de façon bilatérale avec les Etats-Unis, même si Paris et Berlin seront en contact, précise Angela Merkel. Nous voulons jeter les bases d’une future coopération claire et transparente, comme elle doit l’être entre partenaires. Ces échanges entre nos services de renseignements sont nécessaires et utiles. »
 
Résolution onusienne

 
Berlin enverra, dès la semaine prochaine, une délégation d’experts à Washington. L’Allemagne et le Brésil - dont la présidente a froidement tancé l’administration américaine sur le sujet - travaillent aussi à la préparation d'une résolution à l'ONU concernant la protection des libertés individuelles.
 
Une résolution devant être soumise vendredi prochain à la Commission des droits de l'homme de l'assemblée générale des Nations unies qui ne mentionnera cependant pas spécifiquement les Etats-Unis.
Le gouvernement allemand, qui avait minimisé l’affaire depuis son début en juin, en l’estimant close il y a deux mois, est sous pression. L’annonce d’écoutes du portable d’Angela Merkel par les Américains remet en cause la vision angélique de l’Allemagne.

Dépéche

Samedi 26 Octobre 2013 - 12:10



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