Etat des lieux de la lutte contre Boko Haram

« Boko Haram est décapité ». Tels sont les mots prononcés par le président tchadien Idriss Deby cette semaine, évoquant la question de Boko Haram, qui a fait allégeance au groupe Etat islamique. Idriss Deby, tout comme son homologue nigérian, Muhammadu Buhari, espère venir à bout de Boko Haram d’ici la fin de l’année. Comment expliquer cet optimisme alors que des attaques quasi-quotidiennes sont répertoriées au Nigeria ?



Soldats tchadiens déployés dans le cadre de la force militaire mixte contre Boko Haram, au Nigeria, en février 2015. REUTERS/Emmanuel Braun
Soldats tchadiens déployés dans le cadre de la force militaire mixte contre Boko Haram, au Nigeria, en février 2015. REUTERS/Emmanuel Braun

L’optimisme du président tchadien, qui considère que « Boko Haram est décapité », est très certainement lié aux victoires militaires enregistrées ces derniers mois, par les armées camerounaises et tchadiennes.

Boko Haram, qui a fait allégeance au groupe Etat islamique, a été délogé des principales villes qu’il assiégeait, notamment de Dikwa (côté tchadien)  et de Malam Fatori. Mais surtout de Gwoza, une ville du nord est du Nigeria, où Boko Haram affirmait avoir établi un califat.

En représailles, Boko Haram multiplie désormais les attentats suicides ciblant des sites fortement fréquentés par les populations. « Boko Haram a changé de stratégie : ses membres évitent toute confrontation frontale avec nos militaires, ils se replient sur des attaques kamizakes », observe une source sécuritaire.

Difficile pour la Force multinationale mixte, qui devrait prochainement mobiliser 1 800 soldats, de faire face à un ennemi qui adopte une stratégie qui se rapproche de celle d’une guérilla. Seule inconnue, relève une source militaire : « les éléments de Boko Haram se sont retranchés dans la forêt de Sambisa et les îles du lac Tchad… et on n’a, à ce jour, aucune idée de leurs effectifs réels ».


Rfi

Jeudi 13 Août 2015 - 12:22



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