Etats-Unis: Trump dans la tourmente avant un débat crucial contre Clinton

Ce dimanche soir a lieu le deuxième débat de l'élection présidentielle. Donald Trump et Hillary Clinton vont s'affronter dans un format différent de leur dernière prestation. Ce ne sera pas un face à face, mais une émission publique dans un amphithéâtre de l'Université de Missouri-St. Louis, au cours de laquelle un public d'électeurs indécis va participer en posant des questions. Donald Trump a plusieurs handicaps à surmonter après sa mauvaise performance lors du premier débat, et ses déclarations sexistes exhumées par la presse.



C'était avant que la presse exhume une vidéo où le milliardaire s'exprime avec une vulgarité confondante à leur égard.
 
Ce fut une semaine noire pour le candidat juste avant le second débat qui va l'opposer à Hillary Clinton ce soir, rapporte notre correspondant à Washington, Anne-Marie Capomaccio. Donald Trump n'avait pas besoin de ça. Il nie avoir réalisé une contre-performance lors du face à face de fin septembre, mais la réalité est là : les sondages ne sont pas bons.
 
L'avance de septembre a fondu. La mauvaise passe d'Hillary Clinton semble terminée, la candidate a su exploiter sa bonne prestation lors du premier débat, capitalisant sur sa préparation des dossiers, sur la nervosité et le sexisme de son adversaire.
 
Ce qui affole la campagne Trump, n'est pas tant son manque de répondant pendant le débat, que l'automutilation à laquelle il s'est livré ensuite : insultant une ancienne Miss Univers et pire encore dans la fameuse vidéo de 2005.
 
Enfin, la bonne performance du colistier républicain Mike Pence lors de l'unique débat contre le démocrate Kaine n'est pas interprétée comme un avantage. Beaucoup estiment au contraire que cela met en évidence à quel point Donald Trump n'est pas au niveau.
 
Des élus républicains, plus nombreux d’heure en heure, retirent leur soutien
 
L'incendie a éclaté vendredi avec la publication par le Washington Post d'une vidéo datant de 2005 et dans laquelle Donald Trump, alors homme d'affaires et vedette de télévision de 59 ans, est enregistré à son insu en train de parler en termes très crus et dégradants de sa façon d'aborder les femmes qu'il convoite.
 
Les responsables républicains ne sont décidément pas au bout de leur peine. A un mois de l'élection présidentielle, alors que leur candidat perd du terrain dans les sondages, les voilà obligés de prendre de la distance avec Donald Trump.
 
Le sénateur John McCain, figure influente du parti républicain, dont il a été le candidat malheureux à la présidentielle de 2008, a formellement retiré samedi son soutien à Donald Trump. « Le comportement de Donald Trump cette semaine qui s'est conclue avec la révélation de ses propos avilissants concernant les femmes et ses vantardises d'agressions sexuelles, rend impossible de continuer à soutenir, même de façon conditionnelle, sa candidature. »
 
« En tant qu'époux et père, j'ai été outré par les propos et les actions décrites par Donald Trump dans cette vidéo datant de 11 ans », a indiqué ce samedi Mike Pence, candidat à la vice-présidence. « Je ne cautionne pas ses déclarations et je ne peux pas les défendre », a-t-il ajouté, en saluant le fait que Donald Trump ait présenté des excuses.
 
« Je suis écœuré », a également déclaré le président de la Chambre des représentants, Paul Ryan. Jason Chaffetz, représentant conservateur de l’Utah, a annoncé pour sa part qu'il ne votera pas pour le milliardaire : « Je me retire ! Je ne peux plus en toute conscience soutenir cette personne pour la présidence. Ce sont les propos les plus effrayants, et les plus agressifs qu’on peut imaginer. Je ne peux pas soutenir cette personne ! »
 
Un sénateur républicain appelle carrément le candidat populiste à jeter l'éponge. Ce que Donald Trump refuse catégoriquement. Mais devant ce tollé, il a été obligé de faire quelque chose qu'il déteste, à savoir présenter des excuses. Mais il a profité de son mea culpa un peu forcé pour attaquer l'ancien président Bill Clinton qui aurait, selon lui, « vraiment » maltraité les femmes.
 
Melania Trump salue les excuses de son mari après ses propos vulgaires « inacceptables ».
 
Depuis cette prise de position, des élus du New Hampshire, de Virginie ou de l’Illinois ont suivi. Mais ils prennent un risque politique, c’est sans doute ce qui fait hésiter nombre d’entre eux. Il est déjà arrivé que le parti républicain cesse de soutenir un candidat, Barry Goldwater en 1964, ou Bob Dole en 1996, mais le contexte était différent, les électeurs ont suivi la consigne du parti.
 
Cette année, les supporters de Donald Trump se méfient des élus républicains autant que d’Hillary Clinton. Ne pas soutenir le milliardaire signifie pour certains candidats risquer leur réélection au Congrès. Tous les sièges de représentants sont en jeu, ainsi que le tiers des sénateurs. Les démocrates s’emploient à reprendre le contrôle de la Chambre basse. Il leur manque 4 sièges.
 
Certains commentateurs estiment que ces propos laissent déjà présager la stratégie de Donald Trump lors du débat de ce dimanche : attaquer le couple Clinton sur les scandales sexuels. Mais il y a peu de chance que ces coups en dessous de la ceinture changent quoi que ce soit : la majorité des électeurs a déjà fait son choix, seulement 4% hésitent encore entre les candidats.


Source: Rfi.fr

RFI

Dimanche 9 Octobre 2016 - 07:09



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