Etats-Unis: les Russes pouvaient faire chanter Flynn, selon une ex-ministre

Suite aux Etats-Unis de l’enquête sur les interférences de la Russie dans la campagne électorale et sur les éventuelles collusions de membres de l’équipe Trump avec Moscou. L’ancienne ministre de la Justice, Sally Yates, et l’ex-chef des agences de renseignement James Clapper, étaient interrogés par la commission judiciaire du Sénat sur le rôle du général Flynn. L’éphémère conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump a été limogé au bout de trois semaines pour avoir menti au vice-président sur ses liens avec la Russie.



Etats-Unis: les Russes pouvaient faire chanter Flynn, selon une ex-ministre
Barack Obama avait déconseillé à Donald Trump, en novembre à la Maison Blanche, de recruter le général Flynn. L’ancien militaire avait été poussé vers la sortie par l’équipe de l’ancien président.
Mais une mauvaise note de l’administration Obama avait peut-être valeur de recommandation pour l’équipe Trump. Le général fut nommé conseiller à la sécurité nationale. L’enquête sur Mike Flynn était en fait en cours depuis 6 mois. En janvier, la ministre de la Justice, Sally Yates, estimait que l’urgence lui dictait de donner l’alerte. Non seulement, le général Flynn était sous investigation, mais il avait menti au vice-président, qui se portait publiquement garant de la moralité du conseiller.

« Le vice-président avait le droit de savoir que les informations qu’il donnait au peuple américain n’étaient pas vraies. Les Russes le savaient, et nous étions surs qu’ils en avaient la preuve, a affirmé Sally Yates. Cela donnait une situation compromettante… dans laquelle le conseiller à la sécurité nationale pouvait faire l’objet de chantage par les Russes. »

Entre cette alerte de la ministre et le limogeage du général, il se serait passé 18 très longues journées, selon les sénateurs démocrates qui participaient à l’audition. Pour eux, la question essentielle est : pourquoi la Maison Blanche a-t-elle attendu ?

De leur côté, les élus républicains en revanche sont surtout préoccupés par les fuites dans la presse qui ont conduit à l’éviction du général. Même si les faits révélés sont désormais confirmés par les diverses enquêtes.


■ Les sénateurs républicains et démocrates estiment que la Russie est une menace permanente pour la démocratie, où que ce soit dans le monde.

«Les Russes, a affirmé le sénateur républicain Lindsey Graham, président de la commission, ne veulent pas de bien à la démocratie à travers le monde. Nous voulons savoir ce que la Russie a fait. Nous voulons savoir par quel moyen les arrêter car ils ne cesseront pas tout seul. Je ne sais pas ce qui s’est passé en France mais les comptes de monsieur Macron ont été piratés, et nous verrons qui est responsable. Mais c’est bien le genre des Russes, pour miner nos démocraties. Donc que voulons-nous ? Nous volons une stratégie en tant que nation, quel que soit le parti. Car quand un parti est attaqué, nous devrions tous ressentir cette agression. »

Pour James Clapper, ex-chef du renseignement sous Barack Obama, « l’intrusion des Russes dans la campagne électorale de 2016 constitue leur plus belle réussite, depuis les années 60, pour perturber nos élections. Ils doivent s’auto-congratuler pour avoir réussi au-delà de leurs espérances, et avec le minimum de conséquences….Et je sais qu’ils vont continuer à mener les mêmes activités ici et partout dans le monde. Si nous attendions un signal clair pour agir contre ceux qui menacent les fondements de nos systèmes démocratiques, et bien c’est le moment. »
 
RFI

Ousmane Demba Kane

Mardi 9 Mai 2017 - 09:26



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