Etats-Unis : les fonctionnaires reprennent enfin le travail

C’est le retour à la normale aux Etats-Unis au lendemain du vote au Congrès d'un texte sur le relèvement du plafond de la dette et le financement des agences fédérales. Après deux semaines de chômage technique, des centaines de milliers de fonctionnaires ont repris le chemin du bureau, le 17 octobre. Croissance ralentie, pertes financières en cascades pour le secteur privé, chacun est conscient des conséquences du shutdown et a à cœur d’effacer les effets de ces quinze jours difficiles.



Etats-Unis : les fonctionnaires reprennent enfin le travail

C'est la première journée de travail après deux semaines d’inactivité et de crise politique, du coup, Washington a repris son allure normale. Les fonctionnaires se pressent pour rentrer chez eux à la station de métro. Ils sont heureux d’être de retour, heureux et soulagés car le retard de salaire sera finalement rattrapé.


Debbie est secrétaire : «Je dois dire que je suis heureuse que le shutdown soit terminé et que tout soit réglé. Aujourd’hui j’étais contente de faire mon travail ». Mais tout n’est pas si simple, lorsque vous laissez tout en plan pendant deux semaines, il faut remettre les dossiers à jour comme l’explique Karen, chercheur en cancérologie :


« C’est long de tout remettre en route parce que nous avions fermé les ordinateurs, il faut du temps pour rattraper les emails, les mots de passe n’étaient plus valables. Vous pouvez imaginer ! Deux semaines de chomage. Il nous faudra quelques jours pour que tout fonctionne à nouveau ».

Deux semaines de chômage mais deux mois de travail perdu, car la crise a été réelle, et la fermeture des services publics beaucoup plus stricte cette fois. Bob en est à son troisième épisode de chômage technique. Il n’a jamais ressenti autant de frustration : « Nous avons perdu plus de deux semaines. Les règles en 1995 et 1996 etaient plus relax, donc les gens pouvaient quand même travailler. Cette fois c’était plus strict… et ça aussi c’était frustrant ! »

L’incertitude demeure pour le mois de janvier. Tout le monde se demande si les élus ont compris à quel point cette crise est dommageable pour le pays ou si, dans trois mois, le psychodrame va recommencer.
 

L'heure des comptes


Le parti républicain est pour le moins ébranlé, divisé entre extrémistes du Tea Party et modérés, et le président de la Chambre des représentants n’a même pas réussi à obtenir plus de la moitié des voix de son parti lorsqu’il a donné la consigne de voter sur le budget et le plafond de la dette. Barack Obama, de son côté, répète que personne ne sort gagnant dans cette crise, mais ne manque pas de retourner le couteau dans la plaie.

Le président dans ses interventions, marginalise les extrémistes, les sectaires qui s’attaquent, Barack Obama, à la démocratie américaine, bâtie dans la douleur par les pères fondateurs depuis deux siècles.


On reste finalement dans le théâtre politique. Tous les coups sont permis, et la préoccupation des démocrates aujourd’hui est de capitaliser sur cette victoire, car cela en est une, mais elle peut être de courte durée.


Le parti du président dispose d’un trimestre pour négocier, et trouver une solution de long terme. L’objectif est de mettre à genoux les républicains avant les élections parlementaires de l’an prochain, afin de regagner une majorité dans les deux Chambres, ce qui permettrait à Barack Obama de terminer son second mandat en réalisant certaines de ses promesses, toujours enterrées par une Chambre des représentants hostile.

 


Rfi.fr

Vendredi 18 Octobre 2013 - 17:12



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter