Etats-Unis: les oublis et les démentis de Jeff Sessions

Le ministre de la Justice Jeff Sessions a été auditionné mardi près de trois heures sur l’enquête russe par le Sénat. Le ministre, à de nombreuses reprises, a affirmé son honnêteté, et rejeté, la main sur le cœur, toute allégation de collusion avec la Russie. Jeff Sessions, retranché derrière son devoir de réserve, a souvent refusé de répondre aux questions des sénateurs.



Etats-Unis: les oublis et les démentis de Jeff Sessions
Le mystère qui plane au-dessus de l’enquête russe n’a pas été levé. Le ministre de la Justice s’est récusé sur ce dossier. Il l’affirme, ce retrait n’est pas un aveu de culpabilité : « Ce sont des insinuations secrètes que l’on fait fuiter sur moi, et je n’apprécie pas ! J’essaie de faire de mon mieux et de donner des réponses honnêtes. Les gens suggèrent par ces insinuations que je ne suis pas honnête sur certaines choses, mais moi j’essaie d’être honnête ».

Jeff Sessions confirme les inquiétudes de James Comey. Oui, le directeur du FBI lui a demandé de ne plus le laisser seul avec le président. Non, James Comey ne lui a pas donné de détails.

Sur son rôle dans le limogeage du directeur du FBI, le ministre était mal à l’aise. A de nombreuses reprises, Jeff Sessions a d’ailleurs refusé de parler, invoquant la confidentialité des conversations avec le président. Et la plupart des questions sont restées sans réponses car le ministre affirme qu’il ne se souvient pas.

Jeff Sessions sur la défensive, a aussi tenté de jouer la complicité, rappelant aux sénateurs qu’il était l’un des leurs : « Je veux dire clairement : Mes amis, je n'ai jamais rencontré, ou eu une conversation avec un Russe ou un autre officiel étranger concernant une interférence avec une campagne ou une élection aux Etats-Unis. De plus, je n'ai pas connaissance de telles conversations par qui que ce soit, au sein de l'équipe de campagne Trump. J'ai été votre collègue ici, au Sénat, pendant 20 ans, et l'insinuation que j'aie pu participer à une collusion ou que j'étais au courant d'une collusion avec les Russes, pour faire du mal à ce pays, que j'ai servi, avec les honneurs, depuis 35 ans, ou que j'ai tenté de miner notre démocratie, est un mensonge affreux et détestable. »

Les élus républicains sont venus à son secours. Les élus démocrates ont réussi à faire sortir le ministre de ses gonds. Après trois heures d’audition, le public n’a rien appris de nouveau sur l’enquête russe.

RFI

Ousmane Demba Kane

Mercredi 14 Juin 2017 - 10:08



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