Exhumations au Burkina: une étape vers la vérité sur l'affaire Sankara

Dans quelles circonstances exactes est mort Thomas Sankara le 15 octobre 1987 ? C'est pour tenter de répondre à cette question restée en suspens depuis 28 ans que l'exhumation de la dépouille mortelle de l'ancien président burkinabé et de douze de ses compagnons a débuté lundi. Une étape cruciale dans le combat pour la vérité mené depuis des années par la famille et en particulier la veuve de Thomas Sankara.



La tombe supposée de Thomas Sankara à Ouagadougou. RFI/Sébastien Nemeth
La tombe supposée de Thomas Sankara à Ouagadougou. RFI/Sébastien Nemeth

Lundi, deux premières tombes ont été ouvertes et les experts y ont procédés à des prélèvements de restes de vêtements et d'ossements. C'est sous une forte escorte de la gendarmerie que les éléments retrouvés ont quitté le cimetière. Tous les éléments recueillis seront reversés dans le dossier judiciaire. Et c'est ce mardi que la supposée tombe du président Thomas Sankara sera examinée.

Parmi les treize sépultures ouvertes  les unes après les autres par les trois experts mandatés par la justice burkinabè, il y a en effet celle attribuée depuis près de 28 ans à Thomas Sankara. En octobre 1987, l'ancien président avait été inhumé en catimini sans qu'aucun membre de sa famille n'assiste à l'enterrement. Depuis, un doute subsiste sur l'identité du corps enterré là.

Dans l'angoisse, la famille attend donc les résultats des tests ADN qui seront effectués. S'ils confirment qu'il s'agit bien des restes de Thomas Sankara, une autopsie sera menée pour en savoir plus sur les circonstances de son décès. Au point mort depuis son ouverture sous le régime Compaoré, le dossier Sankara a connu un coup d'accélérateur au mois de mars. La justice militaire a été saisie. Le nouveau juge d'instruction a lancé une série d'auditions.

Il faut dire que le dossier Sankara est très politique. L'ancien président est très populaire dans son pays. Et les autorités de transition en ont fait un symbole. Elles veulent aller vite. Qui sait ce que peuvent réserver les élections d'octobre prochain ? Pour les avocats de la famille, les Burkinabè ne tolèreraient pas de nouveau coup de frein dans la procédure. D'autant que l'un de ces avocats, Me Benewende Sankara, est candidat des Sankaristes  à la présidentielle.


Rfi.fr

Mardi 26 Mai 2015 - 07:17



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