Face à Moscou, le front européen se lézarde



C’est presque devenu un rituel. Lorsqu’il croise un dirigeant occidental, Vladimir Poutine commence invariablement par citer les chiffres du commerce bilatéral avant de conclure que les choses pourraient aller beaucoup mieux. Recevant à Moscou, mardi 16 juin, son homologue finlandais, Sauli Niinistö, le président russe n’a pas dérogé à la règle en soulignant dès les premières minutes de leur entretien « un certain déclin » dans les échanges entre les deux pays.

« En ce sens, votre visite, très opportune, va nous permettre de discuter de la façon dont nous pouvons mettre fin à cette tendance négative », a-t-il lancé.

A la veille du ­Forum économique international de Saint-Pétersbourg, sorte de ­Davos russe qui doit accueillir, du 18 au 20 juin, de nombreux patrons de grandes entreprises étrangères, le chef de l’Etat russe savoure l’instant : la politique d’endiguement économique et politique des Européens envers le Kremlin se fissure.
Les impatiences s’accroissent

Alors qu’une éventuelle prolongation des sanctions appliquées à la Russie pour son rôle dans le conflit ukrainien doit être discutée lors d’un Conseil européen les 25 et 26 juin, les impatiences s’accroissent dans le camp de ceux qui estiment nécessaire d’y mettre un terme. Le premier ministre grec, Alexis Tsipras, qui s’est déjà exprimé en ce sens sur le sujet, devait faire le déplacement au Forum de Saint-Pétersbourg, au moment même où Athènes paraît au bord de la rupture avec la zone euro, afin d’y retrouver M. Poutine moins de trois mois après une précédente entrevue.


LEMONDE.FR

Mercredi 17 Juin 2015 - 11:25



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