Fashion Week de New York: la mode entre en résistance contre Donald Trump

Les créateurs de mode ont transformé leurs mannequins en étendards politiques contre le 45ème président des États-Unis.



L'histoire de la planète fashion se souviendra de cette semaine de la mode à New York, la première après l'élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis. Après les Américains dans les rues, acteurs et chanteurs lors de remises de prix, c'est au tour des créateurs de mode de se mobiliser avec des défilés aux messages politiques.

Lundi 12 février, Mara Hoffman a fait trembler les podiums new-yorkais avec un défilé coup de poing tandis que Proenza Schouler rendait hommage aux manifestations. Des opérations loin d'être isolées puisque depuis le premier jour de la semaine de la mode à New York, jeudi 9 février, les défilés ont vu fleurir des bandanas blancs, appels à l'unité, des badges roses en soutien au planning familial (porté par Anna Wintour, herself) et des casquettes rouges pour détourner le slogan de campagne de Donald Trump

Face au protectionnisme et au discours jugé agressif du successeur de Barack Obama, le milieu s'est retrouvé autour de valeurs universelles telles que la fraternité et la tolérance.

Mais la créatrice new-yorkaise Mara Hoffman a durci le ton lundi 13 février. Elle a invité, en ouverture de son défilé, les quatre fondatrices de la Marche des femmes du 21 janvier. Elles ont appelé les femmes à la solidarité, la défense des plus "marginalisés", à l'acceptation des différences, mais aussi et surtout à se battre.

Présente à Washington pour la marche des femmes, Mara Hoffman a expliqué avoir voulu "apporter de la lumière aux gens qui en ont besoin aujourd'hui". Pour la couturière, sa marque, lancée en 2000, a toujours été l'occasion de "renforcer et valoriser" la femme, assure-t-elle. "C'était simplement l'occasion de parler un peu plus fort", dit-elle, "à un moment où la société a besoin de cet encouragement, de ce coup de fouet". 

L'urgence de s'exprimer et d'agir
Les deux créateurs de Proenza Schouler se sont quant à eux penché sur l'énergie que l'on peut observer dans les grandes villes des États-Unis, et du monde, depuis le 20 janvier dernier. Pour leur dernier défilé américain avant un départ à Paris, ils ont ainsi célébré "tout ce qu'(ils aiment) à New York", notamment cette propension à l'action.
"C'est le moment de mettre des talons plats et une veste en cuir"
"Ce n'est pas le moment de rester chez soi en robe de chambre et pantoufles", a explique Lazaro Hernandez, co-fondateur de la marque. "C'est le moment de mettre des talons plats et une veste en cuir, de sortir dehors (...) et se battre pour les choses que l'on veut et les choses qui sont justes", a-t-il ajouté.


Plutôt silencieux durant les toutes premières semaines de la jeune présidence Donald Trump, le sérail de la mode veut désormais peser dans le débat, à l'image de Tadashi Shoji, Raf Simons (pour Calvin Klein) et du duo de Public School.

Audible dans les discours, la résolution était aussi visible dans les vêtements de Maria Cornejo, Phillip Lim et Mara Hoffman. Le symbole d'une femme aux commandes, qui fait seule ses choix et les assume.

rtl.fr

Mardi 14 Février 2017 - 13:59



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