Feuille de route de l’UA sur le dividende démographique : Haro aux engagements, place à l’action

En marge de la 72e Assemblée générale des Nations unies, s’est tenue, le mercredi 20 septembre 2017, une rencontre placée sous le thème : «Feuille de route de l’Union africaine sur le dividende démographique : de l’engagement à l’action». Le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, y a pris part.



Entre les ressources naturelles et les ressources humaines,  qu’est-ce qui est la plus importante pour le développement d’un pays? Cette question qui taraude bien d’esprits d’acteurs et de théoriciens du développement, a trouvé une réponse tranchée à New York, à un évènement de haut niveau concernant la Feuille de route de l’Union africaine  sur le dividende démographique. Le capital humain bien sûr, a répondu tout de go, le président ougandais, Yoweri Museveni. Il s’est inspiré de l’exemple de certains pays asiatiques comme le Japon qui, n’étant pas gâtés par la nature, ont, néanmoins, su forcer positivement leur destin, grâce la valorisation de leurs hommes. Le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, s’est montré plus pointu dans l’analyse. Dans le contexte africain et celui de son pays, le Burkina, le réel potentiel de développement est la jeunesse, qui constitue environ 60% de la population. En vue de transformer ce potentiel en gain palpable, il a  exhorté ses pairs dirigeants africains à accélérer la transition démographique, en agissant sur la structure  de leurs populations. Concomitamment, a-t-il poursuivi, il importe de besogner à améliorer la santé, à investir massivement dans le capital humain, par une éducation, une formation professionnelle et civique adéquate.
 
En matière de santé, il a partagé l’expérience du Burkina Faso dans la lutte contre l’excision. Roch Marc Christian Kaboré a d’abord présenté la stratégie de lutte par la sensibilisation continue, conduite par un Secrétariat permanent, qui intègre l’Etat, les différentes structures de santé, les femmes, les chefs coutumiers et les autorités religieuses. En plus de la sensibilisation, il a évoqué la coercition par un corpus législatif, qui interdit la pratique et permet le jugement de ses auteurs et complices.
D’autres chefs d’Etat ont relevé la pertinence de la lutte contre les discriminations sexistes, les mariages précoces, les grossesses non désirées ainsi que les avortements, qui compromettent le plein épanouissement de la jeune fille, et de la femme de demain.
 
Permettre à la jeunesse d’exprimer son plein potentiel
Au bout du processus pour un bien-être généralisé en Afrique, le chef de l’Etat burkinabè a placé la création d’emplois décents pour les jeunes et les femmes, gage de leur autonomisation. Les efforts visant à réunir les différents éléments du puzzle du développement, risquent de rester contre-productifs sans  une gouvernance vertueuse au service des populations, a-t-il prévenu.
A la lumière des développements faits par ses collègues sur les défis juvéniles sur le continent, le président en exercice de l’Union africaine, Alpha Condé, s’est réjoui de cette prise de conscience. «Les jeunes et les femmes doivent être au cœur de nos politiques et actions, en vue de leur permettre de préparer et de dessiner leur avenir», a insisté le chef de l’Etat guinéen. Il leur a rappelé les quatre piliers de la Feuille de route de l’organisation continentale sur le dividende démographique, adoptée en janvier 2017, au sommet d’Addis Abeba. Il s’agit de la santé et du bien-être , de l’éducation et du développement des compétences, de l’emploi et de l’entreprenariat, des droits, gouvernance et responsabilisation de la jeunesse. « Je me félicite que des pays aient déjà intégré cette feuille de route dans leurs politiques nationales de développement. Je souhaite que nous allions à des actions concrètes pour renforcer davantage cette dynamique», a demandé Alpha Condé. Il a ajouté que le dernier sommet de l’Union a entériné la création d’un fonds de la jeunesse et a décidé de proclamer la période  2018-2027 «Décennie africaine pour la formation technique, professionnelle, entrepreneuriale et l’emploi des jeunes».
Tout cela est fondamental pour l’atteinte des objectifs de l’agenda 2063 de l’UA et ceux de 2030 des Nations unies pour le développement durable, a ajouté, pour sa part, le Secrétaire général, Antonio Guterres, assurant l’Afrique du soutien de l’ONU.

Avec FasoPresse
 


Lundi 25 Septembre 2017 - 11:21



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