Fièvre Ebola en Guinée, les cas suspects se multiplient chez ses voisins

La Guinée poursuit sa lutte contre la progression d'une épidémie de fièvre hémorragique en partie due au virus Ebola, qui s'étend hors de ses frontières, avec de nouveaux cas suspects signalés jeudi au Liberia et, pour la première fois, au Mali.



Fièvre Ebola en Guinée, les cas suspects se multiplient chez ses voisins

Ces développements marquent une évolution inquiétante dans cette flambée affectant pour la première fois l'Afrique de l'Ouest. En Afrique centrale, le virus Ebola, découvert en 1976 en République démocratique du Congo (ex-Zaïre), a fait quelque 1.200 morts lors des épidémies les plus graves.

La Guinée est en proie à une épidémie de fièvre hémorragique virale qui y a tué 86 personnes sur 137 cas enregistrés depuis janvier, essentiellement dans le Sud, selon le dernier bilan du gouvernement guinéen donné dans la nuit de jeudi à vendredi.

45 de ces cas ont été confirmés comme étant dus à Ebola, virus hautement contagieux et souvent mortel contre lequel il n'existe ni vaccin ni traitement. Mais "on note des guérisons, confirmées par des analyses, de deux personnes atteintes d'Ebola à Conakry. Ces personnes pourront quitter l'hôpital (...) où elles étaient en isolement", a précisé le gouvernement.

Une maigre lueur d'espoir alors que l'ONG Médecins sans frontières (MSF), très active sur le terrain en Guinée, parle d'"épidémie sans précédent", expliquant que la dissémination du nombre de cas sur le territoire complique "énormément la tâche" des acteurs de la lutte contre la propagation.

Plusieurs cas suspects, dont certains mortels, avaient déjà été signalés ces derniers jours au Liberia et en Sierra Leone, tous en lien avec une contamination ayant pour origine la Guinée voisine. Les tests au virus Ebola ont été positifs pour deux cas au Liberia, et négatifs pour les cas en Sierra Leone.

Mais jeudi, le ministère libérien de la Santé a annoncé la découverte dans une zone forestière proche de Tapeta, dans la région de Nimba (est), d'un nouveau cas suspect qui, contrairement aux précédents, n'est pas lié à la Guinée.

Il s'agit d'un chasseur qui était en forêt lorsqu'il s'est senti malade, et est décédé une demi-heure après son admission à l'hôpital, a déclaré à l'AFP Bernice Dahn, chef du service médical du Liberia et responsable au ministère de la Santé. "Il n'avait jamais eu aucune interaction avec une personne soupçonnée d'être porteuse du virus" Ebola et "n'est jamais allé en Guinée, c'est un cas isolé", a assuré Mme Dahn.

Selon le dernier bilan officiel, jusqu'à jeudi, 14 cas de fièvre hémorragique, dont sept décès - y compris le chasseur - ont été signalés au Liberia. A l'exception du chasseur, tous avaient eu des contacts directs ou indirects avec des patients contaminés ayant été en Guinée et s'étant ensuite rendus dans la région de Lofa (nord).

 

- Premiers cas suspects au Mali -

 

Jeudi soir, le Mali a annoncé avoir décelé sur son sol trois cas de fièvre hémorragique virale, qui ont été placés en isolement en attendant les résultats de tests au virus d'Ebola.

"Sur les trois cas suspects, des prélèvements biologiques ont été effectués. Les échantillons prélevés ont été envoyés pour analyse au laboratoire de référence du CDC d'Atlanta, aux Etats-Unis. En attendant les résultats de ces analyses, les sujets ont été placés dans une unité d'isolement où ils reçoivent des soins appropriés. A l'heure actuelle, leur état de santé s'améliore", a affirmé le gouvernement de Bamako, sans précision sur l'origine de la contamination.

"Un site d'isolement pour la prise en charge a été installé dans la périphérie de la ville de Bamako et d'autres sont en cours d'installation dans d'autres localités", a-t-il ajouté, en invitant notamment à "éviter les déplacements non nécessaires vers les zones d'épidémie".

Le virus Ebola se transmet par contact direct avec le sang, les liquides biologiques ou les tissus des sujets infectés, qu'il s'agisse d'hommes ou d'animaux, vivants ou morts.

Jeudi soir également, la Gambie a annoncé avoir placé en isolation deux personnes en provenance de Macenta (sud de la Guinée) en raisons de doutes sur leur santé, qui ont finalement été levés: leurs prélèvements analysés par un laboratoire de référence à Dakar n'ont pas indiqué de présence d'Ebola.

A titre préventif, le Sénégal a fermé ses frontières terrestres avec la Guinée, tandis que l'Arabie Saoudite a décidé de suspendre l'octroi de visas pour le pèlerinage musulman à La Mecque aux fidèles en provenance de Guinée et du Liberia.

Le Maroc a renforcé son dispositif de contrôle sanitaire aux frontières, en particulier à l'aéroport de Casablanca, important hub d'Afrique. La France a annoncé avoir accru sa vigilance en précisant qu'il n'y avait cependant pas de "nécessité de restriction" des voyages dans les pays où des cas suspects ont été signalés.


slateafrique

Vendredi 4 Avril 2014 - 11:14



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