Film sur le Biafra : La censure nigériane sévit

La sortie de "Half of a Yellow Sun" prévue vendredi, dans tous les cinémas du pays, a été repoussée au 2 mai par le comité de censure nigérian.



Film sur le Biafra : La censure nigériane sévit
Le film, adapté du best-seller éponyme de la romancière nigériane Chimamanda Ngozi Adichie, raconte le destin de deux soeurs au Nigeria  entre 1960, année de l'indépendance, et 1970, à la fin de la guerre du Biafra - région du sud-est du Nigeria - qui a fait plus d'un million de morts en trois ans, dont une grande partie à cause de la famine. Selon un communiqué publié sur le site internet du film, la sortie du film au Nigeria a été "repoussée au 2 mai à cause de délais dans l'obtention du certificat du comité nigérian de la censure des films et de la vidéo (NFVCB)". Le porte-parole de ce comité, Caesar Kagho, joint par l'AFP, a évoqué "des questions relatives à la réglementation", mais il a précisé que le film n'était pas "officiellement interdit". 
 
Filmhouse Cinema, la société chargée de la distribution du film au Nigeria, a rencontré le comité de censure vendredi afin de tenter de débloquer la situation, a déclaré le patron de cette société, Kene Mkparu, à l'AFP. Selon M. Mkparu, le délai dans l'obtention du feu vert du comité de censure est lié au contenu du film, mais il a refusé de donner plus de précisions pour l'instant. Tourné dans le sud-est du Nigeria, Half of a Yellow Sun affiche un casting prestigieux, avec notamment l'acteur britannique d'origine nigériane Chiwetel Ejiofor, nommé aux Oscars pour sa performance dans le film 12 Years a Slave

 

La guerre du Biafra est une question sensible

La guerre du Biafra a éclaté quand cette région, où l'ethnie des Igbos est majoritaire, a voulu faire sécession du Nigeria peu après l'indépendance. Les Igbos reprochaient alors au gouvernement fédéral de ne pas assurer leur protection dans le Nord, où ils se plaignaient d'être victimes de massacres perpétrés par les Haoussas. La tentative de création d'un État biafrais indépendant, dirigé par les Igbos, a été anéantie par les forces militaires nigérianes, supérieures en nombre, mieux équipées, soutenues par les Britanniques et aidées par un blocus. Plus de quatre décennies plus tard, la guerre du Biafra reste un sujet sensible au Nigeria. Half of a Yellow Sun, projeté au Festival de Toronto l'année dernière en première mondiale, est déjà sorti en Grande-Bretagne et en Australie et doit sortir prochainement aux États-Unis et dans d'autres pays. Le film, dont des publicités apparaissaient en pleine page de plusieurs quotidiens nigérians vendredi, est très attendu du public, notamment à Lagos, où l'acteur Chiwetel Ejiofor s'est rendu récemment avec le réalisateur Biyi Bandele. 
Les parents de Chiwetel Ejiofor, tous deux igbos, ont fui le Nigeria à la suite de la guerre du Biafra. Le comité de censure n'est pas réputé pour interdire des films fréquemment au Nigeria. L'organisation a cependant émis des réserves, l'année dernière, quant à la sortie au cinéma d'une fiction sur le groupe islamiste Boko Haram, réalisée par un Ghanéen. À la suite de réticences du comité, le film Nation Under Siege s'était heurté au refus de nombreuses salles de cinéma nigérianes.
 
Lepoint.fr

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Dimanche 27 Avril 2014 - 20:46



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