Fin de l’état de grâce : Macky Sall risque-t-il de connaitre pire que Wade?

La colère gronde petit à petit au sein de la population. Les gens commencent à parler de désillusion et de déception du nouveau régime. C’est ainsi qu’un élan de frustration est en train de prendre forme et se fait sentir dans les médias. Six mois de pouvoir seulement et les citoyens veulent sonner le glas de l’état de grâce de Macky Sall. Les chauffeurs et les transporteurs râlent à cause de la hausse du prix du carburant, les ménagères grognent, les enseignants déterrent la hache de guerre et sont prêts au combat.



Fin de l’état de grâce : Macky Sall risque-t-il de connaitre pire que Wade?
Abdoulaye Wade a eu plus de chance que Macky Sall. L’ancien chef de l’Etat avait bénéficié d’un état de grâce de près de deux ans avec une rengaine aussi célèbre que répandue «bayi lène gorgui mou liguèye (laisser le vieux travailler)». Cependant l’actuel qui n’est qu’à six mois de règne reçoit déjà des salves.

Tout a commencé avec les fortes pluies qui ont tué et causé beaucoup de dégâts matériels. Les jeunes de Grand Yoff excédés par la position fataliste et attentiste de l’Etat a barré l’autoroute à hauteur de la patte d’oie avant de s’affronter avec les gendarmes. A Yeumbeul, les populations pestent contre la politique du deux poids deux mesures de la fondation «Servir le Sénégal» de la première Dame, Marième Faye et dénonce un parfum de détournement des dons et matériels destinés aux sinistrés. Les bacheliers de l’Institut national des aveugles du Sénégal basé à Thiès ont voulu marcher de Thiès à Dakar. Mais ils ont été matés par les policiers.

Ces manifs et grognes qui se sont soulevés de manière éparse sont éclipsées par la hausse de tous les produits dérivés du pétrole notamment l’essence, le gasoil, le gaz butane, entre autres. Même si les associations consuméristes sont pour le moment assez molles, peut être anesthésiées par leurs accointances avec l’ancien régime, les populations fulminent et fait monter la pression. Cette hausse est intervenue à un moment d’une crise aigue vécue jusqu’ici stoïquement par les citoyens. «On vit dans la misère. Il n’y a de l’argent nulle part. Le nouveau régime a fermé tous les robinets. On ne sait sur qui compter», se lamente Dame Diop la quarantaine bien sonnée.

Cette crise latente marquée par la rareté du franc CFA s’est empirée avec la hausse des prix du carburant et du gaz butane intervenue la semaine dernière. Les transporteurs crient leur ras-le-bol et menacent de faire répercuter cette hausse sur le ticket du transport. Les citoyens ruminent leur colère et dénoncent que le fait que les promesses électorales n’aient pas été respectées. «Juste avant le ramadan, il avait été annonce une baisse des prix de certaines denrées de première nécessité mais cela a été vraiment chimérique. Au lieu que les prix chutent, ils flambent», a indiqué Souleymane Diallo rencontré à Sandaga.

Les déclarations du porte-parole du président de la République, Abou Abel Thiam viennent porter l’estocade à tout espoir de baisse des prix. Il a fait savoir dans la presse du week-end que le régime ne peut que différer la hausse des prix mais qu’il ne peut les empêcher tout laissant entrevoir une possibilité d’arriéré de salaire dans la fonction publique.

Le pouvoir d’achat érodé et les inflations répétitives ont poussé les citoyens à sortir de leurs gongs. Ils rouspètent, se lamentent et manifestent leur déception. Même si ceux qui s’érigeaient en défenseur du peuple lors du précédent régime sont tous rangés du côté du pouvoir, d’autres figures sont en train de se former, de s’étoffer. Un rappeur cherche à créer un Yen a marre bis tandis que d’autres Abdou Latif Coulibaly, Penda Mbow et autres sont en gestation.

Les enseignants de leur côté ont estimé devoir mettre en place un M23 dans leur corps pour une meilleure prise en charge de leur revendication et mettre fin au dilatoire noté depuis l’avènement de Macky Sall à la magistrature suprême. Le Cadre Unitaire des Syndicats de l’Enseignement (CUSE) décoche des flèches contre le ministre de l’Education, Ibrahima Sall. Depuis que les états généraux de l’éducation sont annoncés, il n’y a pas encore de réelles initiatives pour l’organisation. Cela a été aggravé par la non-tenue de CRD sur la rentrée scolaire 2012-2013.


Lundi 8 Octobre 2012 - 11:06



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