Forum de Dakar : les dirigeants africains veulent s’affranchir des missions onusiennes de maintien de la paix

Réunis à Dakar ce lundi, à l’occasion du 4e Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique, les dirigeants africains se sont dit déterminer à faire en sorte que l’Afrique se prenne désormais en charge. En effet, de Macky Sall à Paul Kagamé, en passant par Ibrahim Boubacar Keïta, le président de la Commission de l’Union africaine et le Premier ministre Tchadien, tous sont unanimes sur le fait que les problèmes africains nécessitent des solutions africaines.



Forum de Dakar : les dirigeants africains veulent s’affranchir des missions onusiennes de maintien de la paix
«Nous devons faire très attention sur les schémas que nous mettons en œuvre avant d’agir. C’est pourquoi, il faut se garder des solutions toutes faites, conçues et appliquées sans concertation avec les Africains », a déclaré le Président sénégalais Macky Sall qui présidait l’ouverture de la rencontre sur la paix et la sécurité en Afrique.

Selon lui, les conséquences de ces interventions sont visibles au Sahel avec la violence au Nord du Mali, malgré l’intervention de la France mais aussi de la Minusma. Ce qui le pousse à dire que ces interventions «sont souvent pires que le mal qu’elles étaient censé soigner»

Et d’ajouter : «comme il ne fait pas midi partout en même temps, chaque pays a une histoire, une expérience et des spécificités dont il convient de tenir compte.  C’est extrêmement important sur les réponses que nous voulons trouver par rapport aux défis du terrorisme».

Forum de Dakar : les dirigeants africains veulent s’affranchir des missions onusiennes de maintien de la paix
Quant à Moussa Faki Mahamat, le président de la Commission de l’Union africaine,  il affirme que : «l’incapacité du système international à dépasser ses égoïsmes et ses penchants à la domination des plus faibles rend encore plus difficile l’entreprise de promotion d’un monde dénué d’injustice».

S’agissant des missions de maintien de la paix en Afrique, M. Mahamat soutient que «dans la plupart des situations marquées par une violence asymétrique, les missions de maintien de la paix, lorsqu’elles sont déployées éprouvent des difficultés à s’adapter à l’environnement dans lequel elles sont censées opérer. Elles manquent de flexibilité et les limites qu’imposent leur plan et leurs règles d’engagement handicapent leur efficacité d’action. Quelques fois elles sont contraintes de consacrer l’essentiel de leur effort à leur propre protection au détriment de la mise en œuvre des taches de protection des civiles et d’appui de la mise en œuvre des accords de paix».

Citant les tensions qui perdurent dans la Corne de l’Afrique, dans la Bassin du Lac Tchad, entre autres, il fait savoir que malgré la présence de missions onusiennes de maintien de la paix, les de tensions sont plus que vives et des "Casques Bleus y sont régulièrement tués.

N’empêche, reconnaît-il, ces missions ont été à l’origine de nombreux règlements de conflits en Afrique, mais, explique-t-il, l’Afrique doit désormais assurer «des tâches d’imposition de la paix et les luttes contre les menaces à la paix et à la sécurité », mais aussi, «prendre la direction des opérations de stabilisation à long terme».

Et le continent pourrait le faire en s’appuyant sur les réformes de l’Union africaines dont la mise en œuvre est confiée au président rwandais, Paul Kagamé. Car, à terme, relève-t-il, elles doteront l’Afrique «de moyens politiques, judiciaires et financiers pour son indépendance plutôt que de nous soumettre au déterminisme gestionnaire des crises, notre ambition est de réduire les risques de leur éclosion».
 

Forum de Dakar : les dirigeants africains veulent s’affranchir des missions onusiennes de maintien de la paix
Cette idée est partagée par le Premier ministre du Tchad qui a déclaré que «quel que soit l’engament des uns et des autres, aucun Etat seul, aucune organisation ne peut les arrêter. C’est pourquoi nous pensons que l’Union africaine a raison de toujours œuvrer en faveur des partenariats stratégiques avec les Nations Unies pour faire face au défi sécuritaire sur le continent».

Mais, dénonce-t-il, «l’engagement de l’Union africaine et de ses membres demeure trop timide et. le  Continent noir doit d’abord savoir compter sur lui-même, avant d’en appeler à l’aide puisque qu’il s’agit avant tout, de la sécurité de l’Afrique et des Africains».

Sur la même longueur d’onde, Paul Kagamé, le président du Rwanda a déclaré que « l’insécurité prospère là où nous ne réussissons pas à coopérer. Selon lui, seule une collaboration entre les différents pays africains peut sauver l’Afrique de l'insécurité causée par le terrorisme et les violences en général. Car, martèle-t-il, «si les autres portent le fardeau à notre place et règlent le problème, nous n’aurons qu’à nous en prendre à nous-même si le résultat est en deçà de nos attentes».

Le 4e Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique s'est ouvert au Centre international de conférence Abdou Diouf (Cicad) de Diamniadio et a accueilli près de 500 personnes composées d’universitaires, de militaires, entre autres. Ils se pencheront sur les réponses intégrées à apporter à l’insécurité causée en grande partie par le terrorisme. Il prendra fin ce mardi.


Ousmane Demba Kane

Mardi 14 Novembre 2017 - 01:17



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