Français lynché à Madagascar: l'enquête lève les soupçons de pédophilie et de trafic d'organes

La découverte du corps d'un enfant sur une plage de Nosy Be avait entraîné une vague de violence sur cette île du nord de Madagascar, il y a trois semaines. Attaque de la caserne de gendarmerie, tirs des forces de l'ordre tuant deux personnes. Et trois hommes lynchés par une foule en colère : un Malgache, un Français et un Italien accusés de trafic d'organes et de pédophilie. Saisie par la famille du second, la justice française estime que Sébastien Judalet était un homme sans histoire.



L'île de Nosy Be au nord de Madagascar. Getty Images/Tom Cockrem
L'île de Nosy Be au nord de Madagascar. Getty Images/Tom Cockrem
Rien ne permet d'étayer les rumeurs qui ont conduit à la mort de Sébastien Judalet. Pendant deux semaines, les gendarmes parisiens ont analysé tous les aspects de la vie privée de Sébastien Judalet. Ils ont entendu ses proches, fouillé son appartement, analysé son ordinateur, ses comptes bancaires. Et pas le moindre soupçon de pédophilie ou de trafic d'organes.
 
Des conclusions importantes pour les parents de la victime. « C'est un soulagement de pouvoir organiser des obsèques avec la considération de ses amis, de ses voisins et de savoir qu'on va enterrer un véritable innocent, quelqu'un qui est victime d'un vrai gâchis », indique leur avocat, Bertrand Salquain.
 
Faire toute la lumière sur ce drame

 
Ces conclusions de l'enquête française seront désormais transmises à la justice malgache. Et la famille se portera partie civile dans la procédure lancée sur place. Selon Maître Salquain, les parents n'ont aucune haine. Mais ils veulent faire toute la lumière dans un drame où les responsables sont nombreux.
 
« On sait malheureusement que dans ce type d'affaire, rarissime, la part de chacun est limitée, explique l'avocat. Il n'empêche que cette somme de responsabilités limitées aboutit à un crime barbare, parce qu'ils étaient des centaines. Il y a ceux qui ont donné des coups, il y a ceux qui ont interrogé, il y a ceux qui ont regardé et qui ont laissé faire ».
 
La famille de Sébastien Judalet attend aussi le retour de la dépouille. Elle veut l'inhumer dans un climat qui sera, espère t-elle, désormais serein.
 
→ A (RE)LIRE : Madagascar: trois hommes soupçonnés de trafic d’organes tués par des émeutiers

Dépéche

Mercredi 23 Octobre 2013 - 11:53



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