France : «Manif pour tous» contre le mariage homosexuel

Les opposants au mariage homosexuel se sont mobilisés ce dimanche 13 janvier à Paris. Des dizaines de milliers de personnes - 800 000 selon les organisateurs, 340 000 selon la police - ont participé à la « Manif' pour tous » en réponse au projet de loi du gouvernement, dit « Mariage pour tous », légalisant le mariage et l’adoption par les couples homosexuels. Le texte sera discuté le 29 janvier prochain à l'Assemblée Nationale.



France : «Manif pour tous» contre le mariage homosexuel

Parmi les dizaines de milliers de manifestants, on pouvait compter un grand nombre d’adolescents et de jeunes adultes, venus de toutes les régions de la France. Défilant au son de slogans tels que « Y'a pas d'ovules dans les spermatozoïdes » ou « Zéro maman c'est déprimant », ces jeunes, pour la plupart issues de familles catholiques, assurent qu’ils n’ont pas été poussé à manifester par leurs parents. Beaucoup disent même ne pas être foncièrement opposés au mariage homosexuel mais à l’adoption, se réclamant du droit des enfants et refusant toute affiliation politique.

De nombreux hommes politiques de droite et d’extrême droite étaient présents (Jean-François Copé, le président de l'UMP, ou Marion-Maréchal Le Pen, député FN, entre autres) mais aussi des élus de petites communes, comme ce maire d’un petit village : « Il est hors de question que je marie un couple homosexuel. Qu’ils soient homos ne me dérange pas, c'est leur vie, mais pour le mariage et l’adoption, hors de question ! », s'exclame-t-il. 

Dans le cortège, il y avait aussi quelques avocats en robe noire et le code civil à la main. Ces juristes font valoir l’argument que la modification du code civil par l’autorisation du mariage gay entraînerait un flot de nouveaux contentieux à trancher. Ils craignent aussi que la nouvelle définition de la famille soit irréversible, une évolution que, selon eux, les Français pourraient regretter.


Mobilisation moins importante que prévue, les politiques réagissent
Même si les chiffres restent impressionnants - entre 340 000 et 800 000 manifestants – la mobilisation était moins forte que ce qu’attendaient les organisateurs, dont l’humoriste et lobbyiste catholique Frigide Bardot, qui annonçaient la venue d’un million de personnes.
L’Elysée a aussitôt réagi en réaffirmant qu’il maintenait son projet de loi, tout en tenant compte de cette « manifestation consistante ». La garde des Sceaux Christiane Taubira avait précédemment exclu l’idée d’un référendum sur la question.
Pour Jean-François Copé, le président de l’UMP présent dans le cortège, cette manifestation est un « test » pour François Hollande qui, selon lui, va à l’encontre de l’opinion de « millions de Français » avec cette réforme. « Beaucoup de Français ne savent pas que la conséquence première sera de rayer d'un trait de plume dans le code civil la référence au père et à la mère. Moi, je pense que ma place est au milieu des Françaises et des Français, avec de nombreux amis de l'UMP », a-t-il justifié.
Tous les ténors de la droite n'étaient pourtant pas là. François Fillon n'étaient pas dans la rue. Et dans le défilé, son fidèle lieutenant Laurent Wauquiez a juré qu'il ne s'agissait pas d'une manifestation politique. « Ce n'est pas une manifestation d'un camp ou d'un parti politique, c'est la manifestation de citoyens et d'élus républicains », a-t-il affirmé.
Divisée sur la manifestation voulue par Jean-François Copé, la droite est en revanche quasi unanime dans son rejet du mariage gay et met au défi François Hollande d'organiser un référendum. « Là, la question sera tranchée. Qui a peur du référendum ? François Hollande ? Alors qu'on y aille ! », a ainsi lancé le député Jacques Julliard.
Objectif imposé au gouvernement : l'idée d'une alliance civile. « La mobilisation ne fait que commencer et un président sourd n'est pas un bon président pour la France. Donc attendons. En 1984, François Mitterrand aussi était fortement décidé ; on a vu qu'il a finalement écouté la France », a déclaré le député Thierry Mariani.
Selon un sondage, 56% des Français sont favorables au « mariage pour tous », mais seulement un Français sur deux soutient l’adoption d’enfants par des couples homosexuels.

Source : Rfi.fr
 


Dépêche

Lundi 14 Janvier 2013 - 09:04



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