France: enfariné, François Fillon dénonce un «acharnement impitoyable»

Mis en examen dans l'enquête sur les emplois présumés fictifs de sa famille, François Fillon, candidat de la droite à la présidentielle, a été victime jeudi 6 avril d'un enfarinage à son arrivée à un meeting à Strasbourg. Quelques minutes plus tard, le candidat LR a tout de même tenu son meeting et fustigé Emmanuel Macron.



France: enfariné, François Fillon dénonce un «acharnement impitoyable»
Comme il en a l'habitude à chaque meeting, François Fillon voulait d’abord s’offrir un bain de foule jusqu'à la tribune. Sous l’œil des caméras, le candidat a serré quelques mains, salué ses militants, avant d’être soudainement victime d’un enfarinage, quelques mètres après son entrée dans la salle.

En effet, un jeune homme, camouflé dans un tee-shirt « les étudiants avec Fillon », a vidé sur le candidat LR un paquet rempli de farine. Il s'est ensuite fait plaquer au sol par les services de sécurité.

François Fillon couvert de farine, est alors retourné dans sa loge, avant de réapparaître quelques minutes plus tard dans un costume impeccable.

A la tribune, il est revenu sur l'incident. « Comme vous avez pu encore le constater, je suis la cible d'un acharnement impitoyable. Ils essaient tout pour me décourager, même les plus minables arguments. J'espère au moins que la farine était française », a-t-il déclaré en souriant. « Mais, mes amis, ce qui ne tue pas rend plus fort », cette force, « je la mettrai au service des Français qui ont bien besoin d'un vrai chef d'Etat après la présidence hésitante de François Hollande », a-t-il continué.

Emmanuel Macron pris pour cible

François Fillon a ensuite entamé son discours consacré à l'Europe et à la culture, en prenant pour cible Emmanuel Macron. Le candidat de la droite et du centre s'en est pris à ceux pour qui la nation est devenue « un mot tabou ». « On n’ose plus prononcer les mots nation, patrie, racines. Par quelle faiblesse de l’esprit peut-on en arriver à dire "je ne connais pas d’art français !" et "il n’y a pas de culture française ?". Quel somnifère idéologique peut bien aveugler M. Macron lorsqu'il dit des choses pareilles ? », s’est-il interrogé devant plus de 3 000 personnes. Le candidat d'En Marche avait déclaré en février : « Il n'y a d'ailleurs pas une culture française, il y a une culture en France, elle est diverse, elle est multiple. »

François Fillon a ensuite critiqué la dénonciation par Emmanuel Macron de la colonisation, qu'il avait qualifiée de crime contre l'humanité. « Comment peut-on s'intégrer à un pays dont on dit qu’il n’a pas de culture et pas d’identité ? Comment peut-on se reconnaître dans une histoire dont on vous dit qu’elle n’a rien produit, sinon des crimes contre l’humanité », a-t-il dit.

François Fillon, qui souhaite que l'on enseigne un « récit national » à l'école, a voulu dans le même temps se démarquer de Marine Le Pen. « La solution, ça ne sera jamais de se retrancher derrière sa ligne Maginot et de renoncer à se battre en attendant la prochaine défaite ! », a dit l’ancien Premier ministre en désignant les risques d’une sortie de l’Union européenne. « Marine Le Pen, [Jean-Luc Mélenchon et bien d’autres rêvent d’en finir avec 60 années de coopération mais pour quoi ? Pour revenir au chacun pour soi face aux sept milliards d’habitants que compte notre monde ? », a-t-il poursuivi devant un public alsacien traditionnellement attaché à la construction européenne.

Avec RFI

Ousmane Demba Kane

Vendredi 7 Avril 2017 - 09:11



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