France: la tempête Dirk gâche le réveillon de Noël en Europe

Cette veille de Noël 2013 a été fortement perturbée dans plusieurs régions françaises, principalement du nord et du centre du pays, par le passage de la tempête Dirk, également vivement ressentie dans le sud de l'Angleterre où deux personnes ont été tuées. En France, une seule victime à déplorer, mais pas mal de dégâts matériels entre les inondations et autres communications et circulation coupées. De nombreux foyers ont été privés d'électricité. Si l'on est loin de la grande tempête de 1999, le passage de Dirk va laisser des traces.



La ville de Morlaix, sous les eaux, est l'une des principales victimes de la tempête Dirk. AFP PHOTO / FRANK PERRY
La ville de Morlaix, sous les eaux, est l'une des principales victimes de la tempête Dirk. AFP PHOTO / FRANK PERRY

Des rafales de vent ont atteint 140 km/h. 200 000 foyers environ sont toujours sans électricité. Des villes ont été inondées. 23 départements sont placés en vigilance orange. Nul doute, Dirk a gâché les fêtes de Noël d'un bon nombre de personnes.

2 000 agents d'Electricité réseau diffusion de France (ERDF), la filiale d'EDF en charge du transport de l'électricité, sont sur le pont pour essayer de rétablir le courant au plus vite. Ce mardi 24 décembre, une vraie course contre la montre s'est engagée pour que le plus grand nombre puisse réveillonner normalement.
 

Services d'ERDF à pied d'œuvre
 

Le nord-ouest de la France a essuyé des vents violents et de fortes pluies depuis la nuit de lundi à mardi. Du coup, toute la journée de mardi, les services d'ERDF ont été à pied d'oeuvre pour rétablir le réseau. D'après Matthias Povz, directeur régional de l'ERDF dans le Nord-Pas-de-Calais, la cellule de crise avait été montée en amont lundi soir, mais il était impossible pour autant de prévoir où les lignes électriques allaient tomber.« On peut prévenir et prémobiliser nos moyens, aussi bien les groupes électrogènes, les moyens techniques, que les moyens moyens. En revanche, ce que nous ne pouvons pas prévoir, ce sont les trajectoires des vents. Et notamment, ce ne sont pas tant les réseaux qui sont impactés, mais les arbres, qui chutent sur les réseaux, et les branches qui se prennent dans les câbles électriques. Un certain nombre de foyers isolés sont toujours privés d'électricité, qui sont en zone rurale, par exemple. Donc la difficulté consiste à accéder à des zones difficiles. Donc il faut préalablement procéder à de l'élagage et à de l'abattage d'arbres. »
 

Les réparations devraient se poursuivre. Encore au moins 100 000 foyers étaient privés d'électricité en début de soirée ce mardi. Le réseau de chemin de fer, lui, est opérationnel. Quelques lignes avaient été coupées par des chutes d'arbre. Mais la SNCF assure que le réseau fonctionne désormais sans encombre.
 

Décrue
 

Idem pour les inondations, les pluies ayant baissé en intensité. La décrue a eu lieu dans le courant de l'après-midi et les personnes touchées s'activent pour nettoyer et réparer les dégâts.
 

Si la situation est en voie d'amélioration, la situation s'est déplacée vers le centre du pays, notamment les vents. Plusieurs stations de ski des Pyrénées ont fermé leurs domaines, des autoroutes sont fermées.
 

Dirk va donc laisser des traces, mais reste une tempête comme il y en a trois ou quatre par hiver. En comparaison, celle de Noël 1999 avait offert des vents qui avaient dépassé les 200 km/h. Elle avait fait 91 morts en Europe et privé 3 millions de foyers français d'électricité.
 

Témoignages de Morlaix sous les eaux
 

Conséquence du passage de Dirk : de fortes inondations dans plusieurs villes de Bretagne, où tout le monde est à pied d'œuvre. À Morlaix notamment, dans le Finistère, les dégâts sont importants. Agnès Lebrun est députée européenne et maire de la ville. Ci-dessous, son témoignage.
 

« Nous avons eu la tempête hier surtout, mais aujourd'hui (mardi, NDLR), ce sont des inondations importantes que nous avons au centre-ville. Il ya dans l'hyper-centre jusqu'à 1,40m d'eau. Autant dire beaucoup de magasins sinistrés. Et nous sommes là à pied d'œuvre, avec les pompiers, les services techniques que j'ai immédiatement réquisitionnés. L'ensemble des services, d'ailleurs ! Et puis les commerçants qui subissent de plein fouette la catastrophe... Les stocks étaient pleins. Là, je vois par ma fenêtre un bijoutier, un magasin de vêtements, un pâtissier, etc. C'est un préjudice important, et je dois dire que ça a été si soudain et brutal que nous n'avons pas eu le temps matériel pour protéger tous ces biens qui ont été abîmés. Je fais d'ailleurs d'ores et déjà un appel à la solidarité parce que c'est cette semaine qu'il faut venir faire ses courses à Morlaix. Là, vraiment, un 24 décembre, pour les commerçants, c'est terrible. »
 

Autre témoignage, celui de Céline Rengoët, qui habite dans la ville de Morlaix, près de la pointe de la Bretagne où la tempête a été particulièrement rude en cette veille de Noël.
 

« Ce matin, les réveils ne marchaient plus, et nous n'avons plus de courant depuis 1h30 cette nuit (entre lundi et mardi, NDLR). Il y un arbre qui est tombé dans le coin de la rue sur le fil électrique. Donc, il n'y a plus de courant dans tout le quartier.

Heureusement, il ya du gaz, donc on a pu manger chaud, mais autrement, plus d'eau chaude, plus de chauffage, plus de café, etc. Donc il faut tout réapprendre. Il y avait un peu de soleil, mais la pluie reprend, donc il commence à faire légèrement nuit dans la maison. Les bougies de Noël vont servir ! Mais heureusement, le réveillon n'est pas fini, donc on va migrer vers des maisons où il y a du courant. On va amener les tenues chez les parents et on se changera là-bas. 
»

Source : Rfi.fr
 


Dépêche

Mercredi 25 Décembre 2013 - 11:12



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