France: les députés s'apprêtent à voter le projet de loi antiterroriste

Après 22 mois d’état d’urgence, c’est ce mardi 3 octobre que les députés se prononceront sur le projet de loi antiterroriste. Présenté comme nécessaire et équilibré par le ministre de l'Intérieur, il est critiqué à gauche et à droite. Pour les premiers, il est attentatoire aux libertés, pour les seconds, il est trop laxiste.



C'est deux jours après l'attaque de Marseille que les députés décident s’il faut sortir de l’état d’urgence en intégrant dans le droit commun plusieurs mesures du régime d'exception.

Le texte prévoit notamment la possibilité d’assignation à résidence sans contrôle a priori d'un juge, mais oblige cependant un aval judiciaire pour effectuer des visites aux domiciles des suspects. Les possibilités de contrôles d'identité seront désormais élargies dans toutes les zones frontalières y compris aux abords des gares et des aéroports.

Dérive sécuritaire, poison dans la cohésion nationale, reniement de nos valeurs, dans l'hémicycle le débat fut houleux, l'opposition de gauche conspuant une semaine durant un texte à ses yeux liberticide.

Pour certains de ses détracteurs , le texte porte atteinte à la présomption d’innocence, au respect de la vie privée. C’est une « remise en cause des libertés publiques », critique l'insoumis Alexis Corbières, qui dénonce une «dictamolle» 

Les personnes mises en cause ne pourront faire valoir leur droit qu'a posteriori. La suspicion prend le pas sur l'état de droit, dénoncent les organisations des droits de l'homme, qui, elles aussi, donnent de la voix.

A l’inverse, droite et extrême droite critiquent un texte laxiste. « Il diminue le niveau de protection des Français », estime le député LR Guillaume Larrivé, qui a mené le combat dans l'hémicycle. « Ce n’est pas une grande loi d’éradication du terrorisme islamiste , renchérit Marine Le Pen, présidente du FN.

Face à ces critiques, le ministre de l’Intérieur défend une « réponse durable à une menace durable ». Un compromis entre le besoin de sortir de l’état d’urgence et de ne pas revenir à la situation antérieure à novembre 2015.

Le président Macron a pour sa part promis d'évaluer cette loi à l'horizon 2020, certaines mesures pouvant être le cas échéant supprimées.

rfi.fr


Ousmane Demba Kane

Mardi 3 Octobre 2017 - 00:35



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