France-primaire de la droite et du centre: un deuxième débat franc entre les candidats

Les sept candidats de la primaire de la droite et du centre ont débattu ce jeudi 3 novembre salle Wagram, à Paris, en direct sur BFM et iTélé. Pour leur deuxième confrontation, ils se sont livrés pendant deux heures et demie à un jeu de questions-réponses sur l'exercice du pouvoir, la lutte contre le terrorisme, l'éducation, la ligne politique.



France-primaire de la droite et du centre: un deuxième débat franc entre les candidats
C'était leur deuxième confrontation, à 17 jours du premier tour du scrutin. Les sept candidats de la primaire de la droite et du centre ont débattu jeudi soir salle Wagram, à Paris. Deux heures et demie de questions-réponses sur l'exercice du pouvoir, la lutte contre le terrorisme, l'éducation ou encore la ligne politique à adopter.

On nous promettait plus d'échanges entre les candidats, et il y en a eu. Des échanges francs. « Certains sur ce plateau avaient fait aussi la promesse de ne jamais se représenter s’ils étaient battus, ou de se consacrer entièrement à leur ville. S’ils avaient tenu leur promesse, on serait peut-être moins nombreux sur ce plateau », a ainsi attaqué Bruno Le Maire.

« Commence d’abord par essayer d’être élu. Tu verras que c’est très difficile. (...) Et je te souhaite d'ailleurs que ça t’arrive (de perdre, NDLR), parce que tu verras que c’est la défaite qui fait apprendre des choses, comprendre des choses et qui fait évoluer la personnalité », a rétorqué l'ancien président Nicolas Sarkozy, dont Bruno Le Maire avait été le ministre de l'Agriculture.

Rien à voir avec le premier débat. Les rivaux s'interpellent, se coupent la parole, se taclent. Avec une cible principale ; non pas le favori comme on pouvait le penser, mais le challenger, Nicolas Sarkozy. Pas sûr que ce dernier ait passé une bonne soirée.

Pour autant, auprès du noyau dur de son électorat, sa combativité dans l’adversité lui rapporte toujours des points. Un sondage donne d'ailleurs, ce vendredi, l'ex-chef d'Etat gagnant de ce débat auprès des sympathisants de la droite et du centre.

Gros bémol en revanche : on voit mal qui soutiendra Nicolas Sarkozy s'il se retrouve en finale contre Alain Juppé. En filigrane, Jean-François Copé l'aura visé presque à chacune de ses interventions. Bruno Le Maire aussi. Et Nathalie Kosciusko-Morizet, sa porte-parole en 2012, n’aura pas retenu ses coups, signant même clairement sa rupture avec lui.

Attaqué par son ancien président de groupe parlementaire et deux de ses anciens ministres, malgré ses efforts pour rallier ces derniers dans l'entre-deux tours, l'ex-président aura paradoxalement été encore une fois épargné par François Fillon, son ancien Premier ministre.

Mais aussi par Alain Juppé. « Je ne suis pas là pour critiquer ce qui a été fait dans le passé. Ça a été fait dans un certain contexte qu’a rappelé Nicolas Sarkozy », a-t-il prévenu au sujet de la fameuse RGPP, le non-remplacement de fonctionnaires partant à la retraite, politique menée entre 2007 et 2012 y compris dans la police.

Illustration aussi de cette « paix des braves », à l'occasion d'un échange sur la politique étrangère menée par la France avec les pays du Golfe. Les deux hommes de tête, MM. Sarkozy et Juppé, ont alors pris de haut Bruno Le Maire et dénigré sa proposition de changer les relations avec l'Arabie saoudite et le Qatar.

C’est au final l'ancien Premier ministre Alain Juppé qui s’en est assurément sorti le mieux, sachant défendre sa stratégie de « rassembleur » face aux attaques de Nicolas Sarkozy. Le favori des sondages n'aura globalement jamais été mis en difficulté. Il sera resté en retrait du combat, sauf pour répondre aux remarques sur le soutien que lui a apporté le centriste François Bayrou.

« Contrairement à tous les mensonges que j’entends dire, je ne lui ai rien promis, il ne m’a rien demandé. Je vais refuser son soutien ? Ce serait une attitude totalement suicidaire ! », a estimé Alain Juppé au sujet du patron du MoDem, alors que Nicolas Sarkozy dénonçait le risque d'une alternance « molle ».

Le maire de Bordeaux, las, a rapidement souhaité mettre fin à cette séquence, dénonçant « une querelle subalterne », « un thème pas à la hauteur » des enjeux auxquels fait face le pays actuellement. Alain Juppé a assuré que c'était bien son programme à lui qui prévalait sur tout accord électoral. Fin de la passe d'armes, et avantage Juppé, donc.

L'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, François Fillon, aura quant à lui été solide sans quitter son couloir. Surprenant lors du premier débat, le candidat du Parti chrétien-démocrate Jean-Frédéric Poisson a pour sa part, en revanche, réalisé une contre-performance, apparaissant parfois totalement décalé.

Ce deuxième débat n'aura finalement pas vraiment bousculé le duel entre Nicolas Sarkozy et Alain Juppé et n’aura pas été le théâtre de fautes ou de sorties de route. Mais il aura été porteur d'enseignements. Reste à savoir si les rapports de force évolueront entre les autres candidats. Le troisième débat aura lieu le jeudi 17 novembre, trois jours avant le premier tour.

rfi.fr

Vendredi 4 Novembre 2016 - 07:05



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