France: rentrée parlementaire mouvementée pour la majorité

L'Assemblée nationale reprend ses travaux, une semaine avant l'organisation d'un vote de confiance demandé par le Premier ministre Manuel Valls. Même si les socialistes sont majoritaires à l'Assemblée, leur unité reste dépendante d'une quarantaine de députés frondeurs qui s'opposent à la politique sociale-libérale du président. Tout cela sur fond d’appels de la droite et de l'extrême droite, en position de force, pour que François Hollande tire les conséquences de la crise qui touche l'exécutif.



Une démission présidentielle... Une dissolution de l’Assemblée... La droite en cette rentrée joue ouvertement avec ces hypothèses. « Inimaginable », tranche-t-on unanimement dans la majorité, « des élections maintenant, c’est l’assurance de voir élire 70 députés FN, jamais François Hollande ne prendrait cette responsabilité historique ».

Reste que l’opposition le sait : chez les socialistes, on n’a parfois plus de mots pour qualifier le climat de cette rentrée ou alors ceux-là : « désespérant », « déprimant », « inquiétant »…

Pendant ce temps-là, les frondeurs ne désarment pas et exaspèrent au gouvernement. « Leur posture est insupportable, ils jouent avec le feu institutionnel », dit une ministre. « Certains d’entre eux vont rentrer dans le rang », prédit au contraire un pilier de l’Assemblée. Lequel assure qu’une demi-douzaine se demanderait « pourquoi encore alimenter ce mauvais climat ».  
 
« Il y aura un premier débat sur la confiance. Là j’entends que les écolos seraient prêts à voter contre, une partie du Front de gauche, voire totalement. Et que vont faire les radicaux ? Alors oui, il y a des rapports nouveaux à nouer », explique Arnaud Leroy, l’un des députés frondeurs, au micro de RFI. Lui « espère pouvoir voter » cette confiance mais prévient : « Il n’y a pas de chèque en blanc ».
 
De la pire rentrée du quinquennat, des responsables de la majorité espèrent encore faire un atout : celui de resserrer les rangs.
 
Valls serein
 
Un espoir que caresse d’ailleurs également le Premier ministre. Alors que les députés reprennent le chemin de l’Assemblée nationale, Manuel Valls tient à afficher sa sérénité, constate notre envoyée spéciale en TunisieValérie Gas. Le Premier ministre, qui était en effet en déplacement à Tunis lundi 8 septembre a fait part de ses certitudes concernant le vote de la confiance le 16 septembre prochain. Il a déclaré : « Je n’ai pas de doute sur la confiance. Il fallait que cette question soit posée ».
 
Car Manuel Valls espère certainement sortir avec ce vote de la période de troubles politiques et de contestations de la part des députés socialistes fraudeurs et maintenant aussi de Martine Aubry qui a décidé de demander des aménagements de la politique économique. Mais sur ce point, le Premier ministre persiste et signe : « Le pacte de responsabilité a été voté. Il doit être mis en œuvre en 2015. On continue. Nous ne faisons pas d’austérité. »
 
Mais cette détermination à garder le cap, Manuel Valls la tempère tout de même en affirmant sa volonté d’être à l’écoute : « Je suis ouvert », assène-t-il, un message à sa majorité dont il a besoin pour poursuivre sa tâche. Une majorité qu’il appelle à la « responsabilité » et au « rassemblement » face au danger du Front national dont il a redit à Tunis qu’il devrait nous alarmer.


Rfi.fr

Mardi 9 Septembre 2014 - 14:15



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