François Hollande veut prolonger l'Etat d'urgence de trois mois

L'Elysée a annoncé que le gouvernement présentera la mesure en conseil des ministres le 3 février. Un peu plus tôt, le premier ministre avait évoqué une poursuite «le temps qu'il faudra» précisant qu'il ne s'agissait «en aucun cas» de prolonger indéfiniment l'état d'urgence.



L'état d'urgence en France, en vigueur depuis la nuit du 13 au 14 novembre dernier à la suite des attentats à Paris et Saint-Denis, sera prolongé après le 26 février. L'Elysée a en effet annoncé vendredi la prolongation de l'état d'urgence pour trois mois supplémentaires. «Le Président de la République a annoncé que, face à la menace terroriste, le gouvernement présenterait au Conseil des ministres du 3 février 2016 un projet de loi prolongeant l'état d'urgence pour une durée de trois mois», indique l'Elysée dans un communiqué.

Par ailleurs, l'Elysée souligne que «le même Conseil des ministres délibérera sur le projet de loi renforçant la lutte contre le crime organisé et son financement, l'efficacité et les garanties de la procédure pénale. Enfin, le Président de la République a demandé au Premier ministre de présenter mercredi prochain lors de son audition par la Commission des Lois les avant-projets de loi d'application de la révision constitutionnelle».

Un peu plus tôt dans la journée, le premier ministre avait déclaré, en marge du Forum de Davos, que la situation serait prolongée «le temps qu'il faudra». Il avait affirmé à la BBC que la France pouvait «utiliser tous les moyens» face au terrorisme «jusqu'à ce qu'on puisse en finir» avec le groupe Etat islamique (EI). «En Afrique, au Moyen-Orient, en Asie, nous devons éliminer Daech, expliquait-il à la BBC. «La guerre, c'est utiliser tous les moyens dans notre démocratie pour protéger les Français. Donc, c'est en effet l'état d'urgence. Nous allons voir si nous allons le prolonger», avait ajouté le premier ministre.
«Jusqu'à quand?» avait demandé la journaliste. «Le temps nécessaire. Nous ne pouvons pas vivre tout le temps avec l'état d'urgence. Mais tant que la menace est là, nous pouvons utiliser tous les moyens», avait répondu Manuel Valls. «Est-ce que vous pouvez en finir? Beaucoup disent que c'est le combat d'une génération... 30 ans...», lui demandait alors la BBC. «Je le crois. Et il faut dire la vérité, pas seulement aux Français mais à tous ceux qui sont concernés par le terrorisme. C'est une génération qui peut être concernée par cette guerre», assurait le chef du gouvernement.

Ces déclarations avaient provoqué de vives réactions. Sur Twitter, l'ex-ministre du Logement Cécile Duflot y voyait «la fin de l'état de droit». De son côté, le député LR Pierre Lellouche ironisait: «Oui @manuelvalls vous avez raison. Cela montre d'ailleurs qu'il n'y a pas besoin de modifier la Constitution pour proroger #etatdurgence!» Par la suite, Matignon a à nouveau assuré qu'il ne s'agissait «en aucun cas» de le prolonger indéfiniment. Les services du chef du gouvernement ont ajouté que l'exécutif n'avait nullement cette intention et qu'il n'y avait «aucune annonce» dans ces propos.

lefigaro.fr

Mardi 26 Janvier 2016 - 18:46



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