Francophonie-Succession de Diouf : Un consensus avant le 29 novembre



À trois semaines de la date fatidique du sommet de Dakar, le ciel s’éclaircit de plus en plus, même s’il est encore trop tôt de considérer avec certitude que la messe est déjà dite pour la succession d’Abdou Diouf à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Les chefs d’État et de gouvernement membres de l’OIF s’activent présentement afin de trouver un consensus, avant le 29 novembre, pour la nomination du nouveau secrétaire général. Il s'agit de tout faire pour éviter que cela ne vienne polluer le débat au sommet de Dakar, laissant ainsi trop peu de temps pour aborder d’autres sujets d’importance.

En effet, plus les jours avancent, plus il est évident qu’un seul candidat fait consensus face à tous les autres. Tout chemine donc doucement mais surement vers la nomination de Michaëlle Jean comme la prochaine secrétaire générale de la Francophonie.


Une visite d’État déterminante pour Michaëlle Jean
Lors de sa visite d’État au Canada du 2 au 4 novembre, le président français, François Hollande, a prononcé un discours devant les députés et sénateurs au Parlement du Canada à Ottawa et devant les députés québécois à l’Assemblée nationale du Québec. Lors de ces deux discours, il y avait parmi les invités d’honneurs l’ex-gouverneure générale du Canada et candidate au secrétariat général de l’OIF, Michaëlle Jean. Elle était allée écouter l'allocution du président français, notamment en ce qui concerne sa vision et ses priorités pour la Francophonie.


Le président Hollande a exprimé sans équivoque le souhait que la Francophonie prenne un virage économique : "Je veux que ce rendez-vous (...) soit utile pour que nous puissions soutenir davantage la jeunesse francophone, protéger davantage le droit des femmes francophones, que nous puissions aussi développer les technologies nouvelles dans l'ensemble de l'espace francophone (...) nous voulons faire une Francophonie qui soit à la fois culturelle mais qui puisse être économique", a déclaré le président français devant le parlement canadien.


La vision énoncée par le président français est en parfaite concordance avec celle de Mme Jean. Les similitudes de points de vue de la France, du Canada et du Québec sur des questions fondamentales permettent de conclure que la prochaine secrétaire générale s’appellera sans doute Michaëlle Jean. Les trois dirigeants se sont d’ailleurs engagés à donner une nouvelle impulsion à l’OIF lors du sommet de Dakar.


L’avenir de la Francophonie est en Afrique
Il est certes vrai que l’avenir de la Francophonie est en Afrique. Mais la Francophonie n’est pas seulement africaine, elle est aussi asiatique. C’est d’ailleurs lors du VIIe Sommet de la Francophonie à Hanoï au Viêt Nam qu’on avait décidé que l'Agence de coopération culturelle et technique (ACCT) deviendrait désormais l’OIF et réunirait au sommet, les chefs d’État et de gouvernement membres.


La Francophonie est aussi européenne. C’est en effet en Europe qu’est née la langue française et où se trouve le siège de l’OIF.  La Francophonie est aussi américaine. C’est là, en Amérique du Nord essentiellement anglophone, qu’on retrouve des communautés francophones actives qui se battent pour la survie et la pérennisation du fait français. L’OIF étant donc composée d’États et gouvernements issus de différents continents, il va de l’intérêt de l’Organisation de privilégier l’alternance pour inciter ses membres à y demeurer actifs et mener à bien les missions fondamentales de la Francophonie.


D’ailleurs, le Canada et Québec n’auraient pas pris le risque de présenter une candidature s’ils étaient convaincus que le poste était réservé exclusivement au continent africain. Avec Michaëlle Jean à la tête de la Francophonie, les pays africains auront une alliée de taille qui sera sensible à leurs besoins et qui saura les accompagner résolument dans leurs efforts de développement. Michaëlle Jean a un accès privilégié aux acteurs clés de la gouvernance mondiale. Elle a des habiletés à convaincre et a déjà fait ses preuves dans la mobilisation de ressources et de partenaires multilatéraux, notamment pour la reconstruction d’Haïti.


La visite de François Hollande au Canada à la veille du XVe Sommet de la Francophonie a été une occasion pour les premiers ministres du Canada, Stephen Harper et du Québec, Philippe Couillard, de lui faire part de leur volonté de donner une nouvelle impulsion à l’OIF avec Michaëlle Jean. Le choix de la France a toujours été déterminant à l’OIF.  Il y a un bon espoir que le président Hollande a compris que le Canada et le Québec soutiennent résolument leur candidate.
 

Isidore KWANDJA NGEMBO, Politologue

Vendredi 7 Novembre 2014 - 13:24



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