Frondes, rebellions et implosions au sein de partis et coalitions: Macky, un "marteau piqueur politique"

Machiavélique. Ce qualificatif pourrait être appliqué au chef de l’Etat Macky Sall. Vu la manière avec laquelle il sape l’unité dans l’opposition, à chaque fois que ses membres tentent ou arrivent à accorder leurs violons. Cette audience au palais présidentiel pourrait être inscrite dans ce sillage. En effet, dès l’agitation d’une rencontre entre pouvoir et opposition, des crispations qui laissent présager une implosion de Mankoo Wattù Senegaal pointent à l’horizon. En réalité, ce n’est pas une première que Macky Sall use de subterfuges et d’artifices politiques pour disloquer les initiatives pour un cadre d’action unitaire de l’opposition.



Frondes, rebellions et implosions au sein de partis et coalitions: Macky, un "marteau piqueur politique"
L’invite au dialogue du chef de l’Etat à l’opposition regroupée au sein de Mankoo Wattù Senegaal est apparemment en train de gripper la machine ou la cohésion de ce cadre unitaire. Des voix discordantes se font entendre. Une brèche fatale pour l’unité semble être créée. En effet, si une partie des leaders de l’opposition a accueilli favorablement cet appel, une autre fait dans la ligne dure. Elle évite tout contact ou lien avec le Président Sall.
 
L’aile dure de Manko Wattu Senegaal s’est manifestée via une sortie du Pr Malick Ndiaye qui a clairement dit non à l’appel du chef de l’Etat. Elle est Presque représentée par d’anciens caciques du pouvoir actuel, des gens qui ont eu à cheminer avec Macky Sall. Ils se demandent tous: “quelle est réellement la pertinence de la rencontre avec le Président?” Cette position est partagée par le leader du Rewmi Idrissa Seck. Lui aussi a fermé la porte à toute possibilité de dialogue avec le pouvoir.
 
Toutefois, la position du coordonnateur du Front est toute autre. Lui, Oumar Sarr, Mamadou Diop Decroix, ont jugé utile de se mettre autour d’une table afin de discuter du fichier électoral et d’autres sujets sur lesquels ils demandent au chef de l’Etat de revoir sa position.
 
Ces deux positions complètement opposées font craindre le pire pour cette formation qui a pourtant, un temps soit peu, donné quelques sueurs froides au pouvoir le 14 octobre dernier.
 
Les mêmes causes produisant les mêmes effets, l’histoire de l’implosion, à nouveau, d’une autre coalition de l’opposition "Wallu Senegaal" est fraîche dans les mémoires. L’élan de celle-ci avait été brisé par un appel similaire. Un seul round de discussion avec une large frange de la société a fini par créer la fissure au sein de “Wallu Senegaal”. De fil en aiguille, elle a été recomposée et est devenue “Manko Wattu Senegaal”. Une nouvelle entité qui avait poussé le porte-parole du gouvernement, Seydou Guèye, à tourner en dérision Mamadou Diop Decroix et compagnie ironisant que «l’opposition rebaptise chaque semaine sa coalition».
 
A ce machiavélisme, rien ne semble pouvoir échapper. Etant donné que les tentacules du président de l’APR s’étendent mêmes jusqu’au sein des partis politiques. Parvenant à semer la division entre membres d’une même formation politique. Les altermoiments et manoeuvres ont guidé les démons de la division au sein de son ancien parti, le Parti Démocratique Sénégalais (PDS). Rapidement, une rébellion des réformateurs dirigée par Modou Diagne Fada a été enregistrée. Ils ont défié l’autorité de leur secrétaire général national, Abdoulaye Wade. Finalement, ils ont été exclus du Pds. D’autres ténors n’ont pas beaucoup apprécié et cela a créé un malaise au sein de l’ancien parti au pouvoir.

Le démon est un allié du pouvoir dit-on souvent. Ainsi, cela ne semble pas être un problème pour celui qui s’est surnommé “le Lion qui dort” de l’aiguillonner vers les autres partis concurrents. Le parti Rewmi a connu les mêmes secousses que le PDS sinon même pire. Lui obéissant au doigt et à l’œil, ils (les démons) ont investi le parti d’Idrissa Seck pour y semer la zizanie. A la baguette, le député Omar Sarr. Se réclamant toujours du parti Rewmi, il anime et alimente une fronde  tout en revendiquant la paternité de cette entité politique mais paradoxalement il s’est rapproché de Bennoo Bokk Yaakaar, votant toutes les lois présentées par le régime.
 
Ayant réussi son coup de maître contre l’opposition, “le félin politique” semble être bien éveillé par ces temps-ci. Après le PDS et Rewmi, Macky Sall s’échine à casser du Parti Socialiste (PS). Malgré les apparences au Magal de Touba (entre Ousmane Tanor Dieng et Khalifa Ababacar Sall), il y est arrivé quasiment. Les camarades socialistes font les choux gras depuis leurs échauffourrées à la Maison du parti qui sont suivies par des convocations tous azimuts et autres quolibets, attaques, traquenards politiques, etc… Même au sein de la Coalition Taxawu Dakar, cela ne semble plus être le parfait amour entre certains d’entre-eux. 
 
L’homme fort de Fatick a commencé à prendre plaisir à ce jeu avec l’Alliance des Forces de Progrès (AFP). Il a tellement gâté Moustapha Niasse de privilèges que ce vieux renard politique a fini par rendre les armes. Non seulement, il déclare sa retraite politique, l’hibernation de son parti, mais il est aussi déterminé à croiser le fer avec tout responsable de son parti qui tenterait de le dédire ou de faire face à Macky Sall. Une position que des jeunes ambitieux de l’AFP n’entendent pas appliquer ni observer. Une guerre froide s’en est suivie avant qu’elle n’éclate à la face des Sénégalais avec l’exclusion de Malick Gackou et quelques un de ses lieutenants, compagnons d’infortune. Ce qui a amené la création depuis plus d’un an maintenant du Grand parti, parti intégrante de l’opposition, de la Coalition Manko Wattu Senegaal. 

Ousmane Demba Kane

Mardi 29 Novembre 2016 - 16:13




1.Posté par Leuk le 29/11/2016 18:51
Politiquement, Macky est trop intelligent, fin tacticien.
C'est à noter !
D'ailleurs même ses collaborateurs s'y méprennent.

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter