Gabon: l'opposition maintient une marche non autorisée

La journée de ce samedi risque d'être électrique à Libreville, où une partie de l'opposition appelle à un rassemblement au carrefour Rio pour protester contre le chef de l'Etat Ali Bongo et sa politique. Jeudi, le porte-parole de la présidence avait dénoncé les velléités insurrectionnelles de certains opposants qu'il n'a pas nommés mais qu'il accuse de vouloir renverser le régime.



L'opposition est requinquée contre un pouvoir fébrile. Voilà les forces en présence qui devraient se disputer le bitume du carrefour Rio à Libreville ce samedi. La coalition Front uni de l'opposition pour l'alternance maintient un rassemblement qui n'a pas été autorisé par la ministère de l'Intérieur. Ce qui laisse augurer une forte présence policière sur les lieux.

La coalition regroupe nombre de figures du régime de feu Omar Bongo, passées à l'opposition : Jean Ping, Jean Eyeghe Ndong, Zacharie Myboto, ou encore Casimir Oyé Mba. « Ensemble libérons notre pays » sera le mot d'ordre affiché par une opposition qui rêve d'un scénario à la burkinabè.

Le ministre gabonais de l’Intérieur, Guy Bertrand Mapangou a officiellement interdit ce meeting au carrefour Rio, réputé être un fief des opposants. Dans la déclaration lue par le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Jean-Eric Nziengui Mangala, le ministre, dit craindre des troubles.

Le pouvoir ne veut pas non plus que les dirigeants de l’Union nationale, un parti dissout il y a trois ans, montent sur la tribune pour s’adresser à la foule.

« Pas question de reculer », a martelé le front de l’opposition dans une déclaration publiée par François Ondo Edou, son porte-parole : « Le front confirme la tenue de cette grande rencontre citoyenne et demande au ministre de l’Intérieur de prendre ses responsabilités pour garantir la sécurité des personnes et des biens, ainsi que lui commande sa mission. »

Des craintes de troubles

Parmi les chiffons rouges qui permettent à l'opposition d'agiter les esprits, il y a le dernier livre du français Pierre Péan  qui affirme que le président Ali Bongo n'est pas né gabonais. A la présidence, les rêves secrets de l'opposition ainsi que l'activisme autour des thèses de Péan provoquent une certaine fébrilité.

Au point que le porte-parole du chef de l'Etat accuse ouvertement, mais sans les nommer, les opposants de fomenter une insurrection et de vouloir renverser le pouvoir. Le porte-parole va même jusqu'à faire le lien entre l'opposition et certains syndicats alors que les grèves sectorielles se multiplient.

Les deux camps s’accordent sur une chose : ils craignent que des infiltrés profitent du meeting pour semer le désordre.


Rfi.fr

Samedi 20 Décembre 2014 - 12:39



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