Gabon: premières comparutions, premières libérations...

Au Gabon, au moins un millier de personnes ont été arrêtées par les forces de l’ordre durant les violences post-électorales. Environ 800 pour les seules forces de l’ordre. Depuis mardi, ces personnes passent en audience au Palais de justice de la capitale



Gabon: premières comparutions, premières libérations...
Au tribunal, les audiences s’enchaînent. Parfois dix accusés comparaissent en même temps. Ils reçoivent pour la plupart un rappel à la loi avant d’être relâchés. Arrêtée au QG de Jean Ping, Monique a été retenue à la gendarmerie, puis à la Direction générale de l’immigration avec une centaine d’autres personnes. Au bout d’une semaine, la voilà libre. « On a pas vu le juge. C'est le procureur de la République et le président du tribunal qui sont venus nous donner des conseils, nous dire que ce n’est pas bien. Nous avons été confondus avec les casseurs. Nous avons eu le droit à une leçon de morale et une menace : on est libres mais on est fichés. Ça veut dire que l'on n'est pas libres de nos mouvements. Si on a quelque chose, ils vont nous cueillir et nous mettre en prison.»

Jacques, son frère, a remué ciel et terre, pour la retrouver. C’est finalement au tribunal qu’il l’a revue pour la première fois. « Nous avons été dans toutes les morgues. Moralement, c'était insupportable. Nous gardons espoir parce que ce sont des innocents. Nous osons espérer que les magistrats auront une lecture objective de l'innocence de ces pères et mères de famille qui ont été gardés dans ces circonstances déplorables. Ce sont des intimidations, ce sont des pressions que je pense inutiles parce que ces gens-là sortent renforcés ! Ils ne sortent pas affaiblis ! »

Pour Jacques, cette libération est un rayon d’espoir. Avant de conclure que le plus dur ce sera pour les parents qui ne retrouveront jamais leurs enfants. Lui recherche toujours deux de ses neveux.

Ousmane Demba Kane

Jeudi 8 Septembre 2016 - 08:13



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