Gambie: Yahya Jammeh, 20 ans de règne sans partage

Le président Yahya Jammeh a réchappé à un coup d'Etat hier, mardi. Une tentative de putsch conduite par des militaires anciens membres de la garde présidentielle. Yahya Jammeh, 49 ans, règne sans partage depuis 20 ans sur ce petit pays de moins de 2 millions d'habitants enclavé par le Sénégal.



Le président gambien Yahya Jammeh, tout vêtu de blanc et son éternel calot sur la tête, à l'Assemblée générale de l'ONU, le 25 septembre 2014.
Le président gambien Yahya Jammeh, tout vêtu de blanc et son éternel calot sur la tête, à l'Assemblée générale de l'ONU, le 25 septembre 2014.

Tyran mystique et parano, Ubu Roi, monarque absolu… Les qualificatifs ne manquent pas pour désigner celui qui règne depuis 20 ans sur la Gambie. Au départ, Yahya Jammeh  est un militaire, un jeune lieutenant qui en 1994, à 29 ans, renverse le président d'alors et prend la tête d'un comité militaire.

L'enthousiasme et le soutien seront de courte durée. Lentement mais sûrement, le putschiste revêt les habits du dictateur autoritaire et impulsif. Il fait le vide autour de lui et s'en prend systématiquement à la presse et aux ONG : arrestations arbitraires, disparitions... L'assassinat de Deyda Haidara, journaliste respecté à Banjul marque un tournant.

Parole muselée, opposition réprimée

De l'avis d'anciens proches, à force de paranoïa et de pulsions colériques, le président Jammeh procède à de véritables purges dans tous les secteurs de la société, y compris dans son entourage le plus rapproché. La population vit dans la crainte de la répression de la toute-puissante NIA, l'agence nationale du renseignement. La parole est muselée, l'opposition opprimée.

Mais la folie autocrate recouvre d'autres ressorts. Yahya Jammeh se prend pour un guérisseur mystique capable de soigner le Sida à base de plantes. Il pourfend l'homosexualité. Sur la scène internationale, ce chantre de l'anti-impérialisme est aujourd’hui plus seul que jamais. Mais ce président qui se voudrait roi sait jouer aussi les parrains des narcotrafiquants et des rebelles voisins de la Casamance.


Rfi.fr

Mercredi 31 Décembre 2014 - 10:08



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