Génocide au Rwanda : la France accablée par les révélations d'un officier français

Et de deux! Une autre voix discordante se fait entendre dans l'affaire de l'implication de la France dans le génocide rwandais. Selon un officier français cité par l'agence française AFP, la France « a clairement été à l'origine d'une continuation des combats qui a duré pendant des années, qui a fait de nouveau des centaines de milliers de morts ».



Des soldats français quittent le Zaïre pour le Rwanda en 1994. © Nicoals José
Des soldats français quittent le Zaïre pour le Rwanda en 1994. © Nicoals José

Un ancien officier français engagé en 1994 au Rwanda a contesté lundi le caractère officiellement "humanitaire", au moins à ses débuts, de l'opération Turquoise lancée cette année-là par la France sous mandat de l'ONU pour tenter de mettre fin aux massacres dans le pays. "Je suis parti avec l'ordre d'opération de préparer un raid sur Kigali. Quand on fait un raid sur Kigali, c'est pour remettre au pouvoir le gouvernement qu'on soutient, pas pour aller créer une radio libre", a affirmé Guillaume Ancel, ancien officier de l'armée de terre, sur France Culture.

 

"L'ordre que j'ai reçu pour partir au Rwanda était extrêmement offensif", dit-il. L'ex-militaire affirme avoir ensuite reçu, entre le 29 juin et le 1er juillet, un autre ordre, qui "était d'arrêter par la force l'avancée des soldats du FPR" (le Front patriotique rwandais, rébellion tutsi de l'époque, dirigé par Paul Kagame) : "On n'est toujours pas dans une mission humanitaire", a-t-il poursuivi. C'est alors qu'il était dans l'hélicoptère qui décollait "pour aller déclencher les frappes aériennes sur le FPR" que les militaires français auraient reçu l'ordre de stopper leurs préparations de combat. "On nous a annoncé qu'en fait on avait trouvé un accord avec le FPR et que nous allions protéger une zone humanitaire", affirme Guillaume Ancel.

 

Selon lui, la France aurait ensuite continué à soutenir le gouvernement génocidaire rwandais et son armée en rendant, vers la mi-juillet, "à ce qui restait des forces armées rwandaises les dizaines de milliers d'armes" que les militaires français avaient confisquées dans la zone humanitaire. "On a clairement été à l'origine d'une continuation des combats qui a duré pendant des années, qui a fait de nouveau des centaines de milliers de morts", affirme-t-il.

Avec AFP via lepoint.fr



Jean Louis DJIBA

Lundi 7 Avril 2014 - 12:08



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