Glen Kessler chroniqueur au Washington Post : « L’internet a littéralement démoli les organes de presse »



Glen Kessler chroniqueur au Washington Post : « L’internet a littéralement démoli les organes de presse »
L’Internet « a littéralement démoli » le modèle économique sur lequel reposaient les organes de presse, notamment la presse écrite, avec une profusion d’agences d’information en ligne et de publicités, a soutenu, mercredi, le journaliste d’investigation Glen Kessler, chroniqueur au Washington Post, un quotidien américain. Il animait une vidéo conférence sur le thème « La liberté d’information et le développement durable », à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de presse. Plusieurs journalistes y ont participé, à travers différentes ambassades des Etats-Unis.
 
De l’avis du journaliste américain « Aujourd’hui, on ne sait pas ce qu’il va advenir de cette transition de la presse écrite à la presse numérique, mais c’est certain aujourd’hui que le modèle économique des organes de presse est en train de connaître un véritable changement », a-t-il soutenu.
Glen Kessler souligne par ailleurs que « le Washington Post, par exemple, est la propriété d’un des hommes les plus riches du monde, dont la fortune a augmenté de 56 millions de dollars d’après les derniers renseignements », a-t-il fait observer à des journalistes qui l’interpellaient de différentes capitales à travers le monde.

« C’est certain que cette personne a assez de ressources pour créer un nouveau modèle économique, mais ce n’’est pas le cas pour tous les autres organes », a ajouté le chroniqueur. 
« C’est un peu un cliché, on verra ce qui adviendra mais la situation financière est difficile aujourd’hui pour le journaliste américain. Certains d’entre nous au Washington Post ignorent de quoi sera fait l’avenir », a-t-il relevé.

D’après Glen Kessler, « autrefois, il y avait de grands journaux comme le Washington Post, New York Times et quelques stations de télévision, mais aujourd’hui, il y a des organes d’information d’excellente qualité et une profusion d’agences d’information qui rendent la concurrence plus ardue ».
« On recevait dimanche matin un journal très épais avec des publicités, mais aujourd’hui, ils sont plus minces sans compter qu’on peut les lire en ligne sur nos tablettes", a-t-il souligné.

Selon Glen Kessler, « il va falloir prendre en compte tous ces bloggeurs, tous ces médias en ligne et tous les moyens d’obtenir l’information ».
Ajoutant que « Cela n’a jamais été aussi bon marché de se lancer dans la quête d’information, tant elle est omniprésente", a signalé le conférencier, estimant que le public a le droit de demander et de recevoir des informations exactes, de même que la société civile doit selon lui pouvoir accéder à une information factuelle précise.

Dans le cadre de la Journée mondiale de liberté de la presse, des journalistes ont pris part à une conférence de presse téléphonique dans les ambassades des États-Unis à Dakar (Sénégal), Banjul (Gambie), Conakry (Guinée), Lomé (Togo), Kinshasa (RD Congo), Rabat (Maroc), Lisbonne (Portugal), Sarajevo (Bosnie).
Le conférencier a mis l’accent sur le droit de demander et recevoir des informations exactes et sur les moyens que la société civile peut identifier pour avoir accès à l’information factuelle précise entre autres.

Journaliste d’enquête, homme d’affaires, et chroniqueur au Washington Post, Glen Kessler « a une expérience de politique étrangère qui lui permet de discuter des meilleures pratiques journalistiques pour diffuser les informations correctes aux États-Unis », lit-on dans une note d’information qui lui est consacrée. Source APS
 
 
 
 

Khadim FALL

Mercredi 4 Mai 2016 - 16:51



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