Gouvernement Macron : les ministres pressentis, la surprise Hulot

​La composition du gouvernement Macron est dévoilée cet après-midi. La liste des nouveaux ministres pourrait en surprendre plus d'un... Le point sur les rumeurs.



Gouvernement Macron : les ministres pressentis, la surprise Hulot
C'est le jour-J. Ce mercredi, à 15 heures, la composition du nouveau gouvernement sera communiquée sur le perron de l'Elysée. Emmanuel Macron et Edouard Philippe devaient donner la liste des nouveaux ministres hier, mais les deux hommes forts de l'exécutif se sont donné une journée supplémentaire, officiellement pour vérifier la situation fiscale de chaque pressenti. Mais officieusement, ce délai permet surtout d'achever les dernières tractations, le Premier ministre souhaiterait intégrer 5 ministres de droite. Le point sur les spéculations les plus persistantes au sujet des ministres pressentis : pour le ministère de l'Intérieur, les noms de Gérard Collomb et de Richard Ferrand circulent avec insistance. Le ministère de la Défense devrait rester à Jean-Yves Le Drian. François Bayrou est donné par plusieurs médias au ministère de la Justice, mais il pourrait se voir confier le Quai d'Orsay. Cependant, pour les Affaires étrangères, les noms de Jean-Pierre Raffarin et de Bruno Le Maire sont aussi avancés, celui de Sylvie Goulard revient pour les Affaires européennes. Pour Bercy, Emmanuel Macron songerait à Anne-Marie Idrac ou bien à Thierry Breton. Pour le ministère de l'Environnement, les pressentis sont Jean-Louis Borloo, Arnaud Leroy ou encore Nicolas Hulot. Le futur ministre de la Culture pourrait être Erik Orsenna ou Franck Riester, à moins qu'Audrey Azoulay ne reprenne son poste. Un grand ministère du Travail pourrait revenir à Nicole Notat. Le ministère de l'Education nationale pourrait être confié à Laurent Bigorgne ou à Marion Guillou, ex-présidente de l'INRA. Jean-Baptiste Lemoyne pourrait prendre en main le ministère de l'Agriculture. Aux Sports, les pressentis sont Pierre-Yves Bournazel, Amélie Oudéa-Castera et Yann Cucherat.
 
La nomination du gouvernement Macron / Philippe en direct
 
"Nicolas Hulot avait eu des positions fermes contre Emmanuel Macron durant la campagne. Mais Emmanuel Macron a eu une intelligence hors norme et il est revenu tranquillement à la charge", confie au Parisien un intime du militant associatif, qui devrait accepter de renter au gouvernement. Selon un de ses proches, qui s'est confié à l'AFP, il pourrait "cette fois-ci franchir le pas". L'agence de presse écrit qu'Emmanuel Macron aurait bien choisi l'ancien animateur pour lui confier la tête d'un grand ministère de la Transition énergétique, il serait alors sans doute numéro 2 ou numéro 3 du gouvernement.
12:34 - Fabienne Keller, ministre d'Emmanuel Macron ? La rumeur s'intensifie
 
La sénatrice LR du Bas-Rhin pourrait être choisie par Edouard Philippe pour intégrer le gouvernement, croit savoir Le Point. Elle figurerait "parmi les mieux placés" pour cela, notamment - jeu d'équilibriste oblige -, parce qu'elle est de droite et qu'elle est une femme. Ce mercredi, à l'antenne de la radio RCF, Fabienne Keller a de nouveau assuré qu'elle était prête à travailler avec Emmanuel Macron : "Je suis allée sur le terrain la semaine dernière, tout le week-end, et ce que j’ai vraiment ressenti avec les électeurs de la droite et du centre, c’est qu’ils ne souhaitent pas que l’on s’oppose frontalement, ce qui est aujourd’hui la ligne officielle des Républicains. Ils veulent construire avec ce nouveau président" a-t-elle déclaré.
 
Selon des proches du Premier ministre, cité par BFMTV, le gouvernement, à cette heure, est constitué à "90%". "C'est un équilibre délicat : il suffit qu'un ministrable change d'avis pour faire rejouer tout l'équilibre", confie cette source. Il reste moins de 3 heures à Emmanuel Macron et Edouard Philippe pour finaliser la composition de leur équipe et se mettre d'accord sur les deux ou trois derniers noms.
11:49 - Des tensions entre Macron et le chef du gouvernement
Entre le président et le Premier ministre s'est instauré un premier rapport de force, inévitable, puisque chacun défend des positions différentes sur la composition de l'équipe destinée à gouvernée le pays. Edouard Philippe est parvenu à imposer un proche à la tête de son cabinet - Benoît Ribadeau-Dumas -, alors qu'Emmanuel Macron voulait à ce poste Nicolas Revel, afin de "contrôler son Premier ministre en plaçant auprès de lui un homme dont il est proche", analyse Le Point. L'hebdomadaire assure par ailleurs que le Premier ministre négocie encore l'entrée de juppéistes au gouvernement, il aurait proposé au maire LR de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, un poste important. Enfin le président souhaiterait que son Premier ministre s'engage activement dans la campagne des législatives pour En Marche!, mais celui-ci aura du mal à prendre parti pour des candidats opposés à des juppéistes briguant un mandat de député...
11:26 - Gérard Collomb ne souhaiterait pas devenir ministre de l'Intérieur
 
Le maire de Lyon est le grand favori pour prendre en main ce grand ministère régalien, mais selon les informations du Point.fr, "celui-ci renâcle, vu son âge et quelques soucis de santé, à assumer une charge aussi lourde". Reste à savoir s'il parviendra Emmanuel Macron de lui confier une mission moins exigeante ou s'il devra faire quelques sacrifices personnels et accepter la responsabilité de la place Beauvau.
10:55 - Le "mentor" d'Edouard Philippe l'avait conseillé de ne pas prendre la tête du gouvernement
 
"Je respecte ce choix, je comprends très bien qu'à son âge, qu'on lui fasse une telle proposition... comment ne pas être tenté ?". Antoine Rufenacht, ancien maire du Havre, présenté comme le "père politique" d'Edouard Philippe a considéré sur LCI qu'accepter Matignon avant les élections législatives constituait pour un cadre de LR une "erreur politique' : "Il m'en avait parlé avant, à un moment où ça n'était pas certain. Il était prudent. [...] Je lui ai plutôt déconseillé d’accepter ce poste. [...] Je crois qu'on va se retrouver dans une situation difficile" a-t-il jugé.
Le 29 mai 2017, Nicolas Hulot avait rédigé une tribune publiée dans Le Monde. Le militant associatif, pressenti pour devenir ministre du gouvernement Macron - Philippe, expliquait pourquoi il allait voter pour le candidat d'En Marche!, en s'adressant directement à lui : "Il ne s’agit en aucun cas d’un chèque en blanc et encore moins d’une adhésion sans réserve à votre projet, qui sous bien des aspects n’a pas pris la mesure de l’exigence de solidarité dans laquelle se trouvent le pays, l’Europe et le monde". "Vous ne pouvez ignorer les 26 % du corps électoral qui ont choisi, au premier tour, la vision plus intégrale de l’écologie et des solidarités défendue par Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon", ajoutait-il, avec cette injonction qui pourrait être un casus belli entre les deux hommes : "Engagez-vous à renégocier ou à défaut rejeter ces accords de libre-échange de nouvelle génération, et en priorité celui noué avec le Canada (CETA), qui sont l’expression la plus aboutie d’une mondialisation sauvage et dérégulée".
 
 
Invité de l'émission C à vous sur France 5, hier soir, Jean-François Copé s'est dit assez certain qu'Edourad Philippe fera rentrer dans son équipe gouvernementale ces deux cadres LR Macron-compatibles. "Vous savez, j'ai annoncé Edouard Philippe 24 heures avant, j'ai même annoncé Bruno Le Maire... Mais c'est des secrets de Polichinelle !", a-t-il lâché. A la journaliste qui lui demandait : "Il y aura NKM et Le Maire dans le gouvernement ?", le maire de Meaux, ancien patron de l'UMP, a répondu : "Mais bien sûr".
 
Invité du France 2 ce matin, le vice-président du Front national ne croit pas du tout à l'argument avancé par l'Elysée pour justifier le délai de 24 heures requis pour vérifier la situation fiscale des ministres pressentis. "C'est une opération de communication pour donner l'impression qu'on est un gouvernement de Monsieur Propre", a-t-il considéré. Interrogé sur la bienveillance affichée par une centaine d'élus LR et UDI à l'égard d'Emmanuel Macron - il a répondu : "On nous a fait croire pendant des décennies qu'il y avait un clivage irréductible entre la gauche et la droite. Aujourd'hui se constitue le parti unique mondialiste".
09:36 - Pour Duflot, Hulot ministre de Macron, "ce serait une bonne nouvelle"
 
Invitée ce mercredi matin sur France Info, la députée écologiste considère que la nomination de Nicolas Hulot au sein du nouveau gouvernement pourrait être "un trophée" affiché par le nouveau président. "Mais je fais confiance à Nicolas Hulot pour être parfaitement conscience de ce risque-là, il l'a déjà vécu. S'il arrive à faire bouger le président et là, ce serait une bonne nouvelle", nuance-t-elle, optimiste, ajoutant : "L'espoir, c'est qu'il arrive avec sa sincérité et sa détermination à faire radicalement changer les choix actuels du président".
Liste des ministres de Macron
Outre Edouard Philippe au poste de Premier ministre, Emmanuel Macron dévoilera la liste de ses ministres demain en fin d'après-midi selon France 2. Mais il a déjà dessiné les contours de son futur gouvernement resserré : il sera composé de 15 personnes, il sera paritaire, avec des membres de la société civile, au moins pour un tiers de ses membres. Et oui, il y aura bien dans son gouvernement des personnalités qui ont déjà été aux commandes : "Je les choisirai pour leur expérience, leur compétence, ce qu'ils ont fait, et pas pour ce qu'ils représentent ou leur poids politique. [...] Ce sera des gens qui sont des maires importants, des présidents de conseils régionaux ou généraux. Des gens qui ont parfois été ministres, mais qui font des choses et qui sauront diriger une administration et conduire une politique publique", avait-il fait savoir sur BFM TV et RMC, juste avant son élection. Voici ce qu'on peut dire du gouvernement Macron à ce jour.
 
Les macronistes devraient avoir leur place évidemment dans la liste des ministres d'Emmanuel Macron. La garde rapprochée d'Emmanuel Macron est dans les "starting-blocks". Elle se compose principalement de Julien Denormandie, Stéphane Séjourné, Jean-Marie Girier, Benjamin Griveaux, Christophe Castaner, Jean Pisani-Ferry, Sophie Ferracci, Sylvain Fort, Quentin Lafay, Ludovic Chaker et Grégoire Potton. Parmi ses autres proches, il faut aussi citer Mounir Madjoubi, ancien président du Conseil national du numérique et David Amiel, qui coordonne le programme avec Jean Pisani-Ferry. Côté société civile, les noms de Marlène Schiappa (militante féministe), Patrick Toulmet (président de la chambre des métiers de Seine-Saint-Denis) ou encore Jean-Marc Borello (spécialiste de l'économie sociale et solidaire), sont aussi évoqués comme ceux de futurs ministres potentiels.
 
A droite, les noms de Jean-Paul Delevoye (ancien ministre de Jacques Chirac) ou Dominique de Villepin (ex Premier ministre de Jacques Chirac) ont aussi été avancés - avec plus ou moins de sérieux - pour intégrer l'exécutif. Les noms de Bruno Le Maire et de Christian Estrosi, qui ont publiquement fait savoir qu'ils seraient "en mesure de travailler avec Emmanuel Macron", circulent également. Ça et là, dans des indiscrets publiés par la presse, on avance que les présidents de région Xavier Bertrand et Valérie Pécresse ont de bons rapports avec Emmanuel Macron. Ce dernier aimerait aussi convaincre Nathalie Kosciusko-Morizet, ou des proches d'Alain Juppé (outre Edouard Philippe, Benoist Apparu est parfois cité) de la nécessité de travailler ensemble, mais aussi d'autres personnalités, de droite, comme l'ancien ministre de l'Economie de Jacques Chirac, Thierry Breton.
 
Au centre, François Bayrou pourrait être lui aussi nommé au gouvernement, même s'il est un vrai repoussoir pour les électeurs de droite, une partie d'entre eux considérant qu'il est responsable de la défaite de Nicolas Sarkozy en 2012. Il est aussi question de Jean-Louis Borloo, qui "serait prêt à reprendre du service pour piloter la réforme". Mais aussi de Pascal Lamy, l'ancien patron du FMI, grand connaisseur des arcanes de l'UE, pour avoir été le collaborateur de Jacques Delors à la Commission européenne.
 
A gauche, bien d'autres noms circulent ou ont circulé ces dernières semaines. L'actuel ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, qui a affiché assez tôt son soutien à Emmanuel Macron malgré son appartenance au PS, figure dans cette perspective parmi les favoris. Atlantico cite encore Gérard Collomb, autre socialiste qui fut parmi les premiers à soutenir le chef de l'Etat et qui n'a pas caché son émotion lors de son investiture le dimanche 14 mai 2017.
 
Premier ministre de Macron
Depuis lundi 8 mai, plusieurs médias prêtaient à Emmanuel Macron l'intention de se tourner vers le député-maire du Havre, Edouard Philippe. Ce (très) proche d'Alain Juppé, nommé ce lundi à Matignon, a l'immense avantage de pouvoir tisser des liens très utiles avec une partie de la droite, dans la perspective - possible - de la fracture de LR. Edouard Philippe incarne aussi le renouveau, l'homme de 46 ans n'ayant jamais joué les premiers rôles sur la scène nationale. Par ailleurs, cet énarque, qui a un passé de militant rocardien durant ses années d'étudiant à Sciences-Po Paris, a travaillé quelques années dans le privé, ce qui lui offre d'autres atouts pour incarner, aux yeux d'Emmanuel Macron, l'homme de la situation.
 
Ministre de l'Intérieur d'Emmanuel Macron
Il s'agit probablement du poste le plus sensible, dans le contexte actuel de menace terroriste. Emmanuel Macron le confiait récemment au JDD qu'il ne voulait plus d'un "Premier flic de France" place Beauvau, il devrait donc écarter une personnalité trop autoritaire et les profils qu'incarnaient Manuel Valls et Nicolas Sarkozy. Bien sûr, le nom de Jean-Michel Fauvergue, l'ancien patron du Raid, candidat EM! pour les législatives, revient souvent. Mais la rumeur paraît pour l'heure infondée, d'autant que ce poste est souvent confié à un homme de confiance du président. Il est ainsi probable que la place Beauvau revienne à Richard Ferrand ou à Gérard Collomb.
 
Ministre de l'Economie d'Emmanuel Macron
Emmanuel Macron connaît bien Bercy, il l'a dirigé durant près de deux ans. Il sait qu'un bon ministre de l'Economie est souvent issu de la société civile. Le profil du grand chef d'entreprise, qui peut se targuer d'une vraie expertise sur des dossiers industriels ou financiers pourrait se dégager. Dans certains journaux, on évoque le nom d'Anne-Marie Idrac, actuelle administratrice de sociétés du Cac 40, ancienne patronne de la RATP et de la SNCF, ancienne ministre d'Alain Juppé dans le septennat de Jacques Chirac. Emmanuel Macron pourrait aussi choisir un fidèle ayant porté sa grande loi en 2014 : parmi ses lieutenants qui ont été rapporteurs de la loi Macron, on trouve Richard Ferrand et Chistophe Castaner...
 
Ministre de la Défense d'Emmanuel Macron
A ce poste clé, un nom se détache : celui de Jean-Yves Le Drian. Certes, il serait inhabituel de voir un ministre en fonction conserver son poste après l'élection d'un nouveau président et suite à l'élection d'une nouvelle majorité, mais le président de la région Bretagne ne semble pas disposé à occuper Matignon et a plusieurs fois manifesté sa satisfaction d'être ministre de la Défense. Le candidat d'En Marche! posait d'ailleurs il y a peu, à Explicite, la problématique le concernant en ces termes : "Il y a un cas très particulier avec Jean-Yves Le Drian, on est sur une fonction régalienne extrêmement sensible car la France est en guerre à l'international et l'élément de continuité se considère".
 
Ministre de la Santé d'Emmanuel Macron
Pour ce portefeuille stratégique, la machine à spéculation fonctionne à plein régime. Un nom se dégage : celui d'Olivier Véran, jeune neurologue de 37 ans, médecin au CHU de Grenoble, désigné l'an passé "référent Santé" du mouvement En Marche!. Il a l'avantage d'être un professionnel reconnu et d'avoir été député de l'Isère, ce qui lui procure une expérience politique. Il est d'ailleurs diplômé de Sciences-Po Paris, comme Emmanuel Macron. Il est aujourd'hui candidat aux élections législatives dans la première circonscription de l'Isère. autre piste qui revient avec insistance : celle conduisant à Arnaud Robinet, le jeune maire LR de Reims.
 
Ministre de la Justice d'Emmanuel Macron
Et si Emmanuel Macron choisissait une ancien juge pour être son garde des Sceaux ? L'hypothèse est sur la table, surtout depuis le soutien public d'Eric Halphen à En Marche!. Selon les informations de France 3 Normandie, le médiatique juge anti-corruption devrait jouer un rôle politique dans l'avenir aux côtés du nouveau président élu. Mais l'homme qui tiendrait la corde pour ce ministère régalien serait en réalité François Bayrou, le président du MoDem.

Khadim FALL

Mercredi 17 Mai 2017 - 12:58



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