Grève du Sytjust : les raisons d'un cinquième plan d'actions

Le Syndicat des travailleurs de la justice (Sytjust) est loin de baisser les armes. Le Sytjust dénonce une tentative de dilatoire du gouvernement à travers la fonction publique. Selon, le secrétaire général du syndicat l’heure est grave et la situation des greffiers alarmante. Face à la presse aujourd’hui au siège de l'Unsas, le Sytjust appelle l’Etat du Sénégal au respect des engagements signés, sinon, ils menacent de passer à la vitesse supérieure.



Le secrétaire général du Syndicat des travailleurs de la justice (SYTJUST), tire sur la sonnette d’alarme et menace de passer à la vitesse supérieure si cette situation alarmante des greffiers perdure. Ils n’excluent pas d’aller vers une année judiciaire invalide « Nous ne dirons pas que cette année risque d’être une année blanche, mais on peut valablement dire qu’elle risque d’être une année judiciaire invalide » menacent-t-ils.
 
 Selon lui, c'est l'Etat qui est à l'origine de toutes leurs difficultés , «Le comité technique composé des experts de la fonction publique a le devoir d’étudier le projet de statut que le ministère de la justice a produit. Il doit montrer en quoi le projet de statut est fort et en quoi il est faible», a déclaré le secrétaire général du Sytjust, El Hadji Aya Boun Maclick Dop.
 
Mais malheureusement, a-t-il souligné, « Ces experts sont en train de nous entraîner dans un dilatoire jusqu’au point ou le délai requis pour le dépôt des deux conclusions (celle de l’Etat et du Sutjust) c'est-à-dire le 29 août, est largement dépassé». Et, c’est ce qui a fait qu’aujourd’hui, « Nous avons paralysé tout le système en décrétant 72 heures de grève », a-t-il informé.
 
Ces responsables attirent l’attention sur le rôle de ces agents de la justice qui composent le Sytjust. « Toutes les décisions de la justice sont signées par les greffiers et les magistrats. Et aujourd’hui, ce greffier est oublié et même », se désolent-t-ils en soutenant que : «si ces derniers partent en grève, c’est tout le système de la justice qui va en pâtir».
 
Conscient de tout cela, le Sytjust a accompagné, de l’avis d’El hadji Aya Boun Maclick Diop, le ministère de la justice pour produire des projets de réformes. Malheureusement, « Ces réformes font l’objet d’étude dans des commissions techniques et ces dernières sont devenues, des sièges de blocages et de dilatoire», a-t-il dénoncé.  Et, «nous ne l’acceptons pas», prévient-t-il.
 
 A en croire, Aya Boun Malick Diop la situation des greffiers est plus qu’alarmante, «En l’espace de dix (10) mois, nous avons enregistré le départ de dix (10) greffiers», ont-t-ils avancé.  Et, de rappeler que: «l’année dernière, lors de la rentrée solennelle des cours et tribunaux, le procureur général près de la cour suprême avait attiré l’attention du président de la République pour lui dire que les travailleurs de la justice sont entrain de déserter la justice», a déploré ce dernier.
 
 C’est pourquoi ils lancent un cri du cœur à la tutelle pour  qu’elle puisse leur accorder une attention particulière. Car, selon eux, sans «cette institution, notre pays ne peut pas avoir légitimement l’aspiration d’être un état de droit. Le cas échéant, il risque de sombrer dans l’anarchie» ont fait savoir les travailleurs de la justice regroupés au sein du Sytjust.

Aminata Diouf

Mercredi 2 Novembre 2016 - 17:12



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