Guinée : 18 mois de prison avec sursis pour le député de l’UFDG Ousmane Gaoual Diallo

Suite à une violente altercation avec le PDG d'une société d'importation de véhicules, le député Ousmane Gaoual Diallo a été condamné à 18 mois de prison avec sursis. Sa défense regrette la lourdeur de la peine mais estime que la justice a fait son travail en toute indépendance.



« Le Tribunal déclare M. Ousmane Diallo coupable de coups et blessures volontaires et injures publiques  ; le condamne à dix-huit mois d’emprisonnement avec sursis et à cinq cent mille francs guinéens d’amende ». Cette décision du Tribunal de première instance de Mafanco (banlieue sud de Conakry) rendue jeudi 13 août, a réjoui les militants et sympathisants de l’Union des forces démocratiques de Guinée de Cellou Dalein Diallo, venus massivement soutenir leur député. Ousmane Gaoual Diallo porté par ses fans, est sorti de la salle d’audience sous les cris et larmes de joie, pour entrer dans le bureau du procureur de la République. Le temps que la foule se disperse, le député ressortira quelques minutes plus tard pour rentrer chez lui, après trois nuits passées à la Maison centrale de Conakry.

« C’est une peine à laquelle nous ne nous n’attendions pas. Nous la trouvons excessive. Notre client devrait être libéré purement et simplement ou tout au moins puni d’une simple amende. Nous poursuivrons la procédure », a déclaré Me Paul Yomba Mara, l’un des sept avocats de la défense. Contrit de voir le casier judiciaire de son client sali, il compte interjeter appel du jugement. Mais pour le député Fodé Maréga, le plus important est de voir son collègue libre : « Pour une fois, nous avons une justice qui n’a pas été aux ordres. On se rend compte que lorsqu’elle veut faire son travail, elle le fait. Nous nous réjouissons que ce soit une femme [Djénabou Donghol Diallo, présidente du tribunal] qui ait réussi, malgré les pressions, à libérer notre ami ». Le procureur de la République avait requis deux ans de prison ferme et un million de francs guinéens d’amende.

L’absence de la partie civile

La partie civile, Mamadou Diouldé Diallo, « hors du pays », selon le procureur, ne s’est pas présentée à l’audience. Tout comme son avocat. Le PDG de Tanè Corporation (importateur de véhicules) s’est toujours abstenu de revenir sur son altercation avec Ousmane Gaoual survenu au soir du 1er août dans son bureau de la Cité chemins de fer, à Kaloum. Il aurait toutefois porté plainte et narré les faits aux officiers de police judiciaire, soutient le parquet du Tribunal de Mafanco. Des photos montrant Mamadou Diouldé Diallo blessé à la joue et au poignet ont fait le tour du net. Des blessures que le procureur de la République impute à un verre violemment lancé par le député de l’UFDG contre sa victime.

« J’ai essayé de jeter de l’eau sur lui pour exprimer mon mécontentement. Il a bloqué le geste et le verre s’est brisé. Si j’avais constaté sa blessure, je ne serais pas parti sans m’excuser », a rétorqué à la barre le prévenu. Et de déplorer que c’était la quatrième fois qu’il venait chercher son véhicule de député, en vain. À raison de trois millions de francs guinéens prélevés mensuellement sur ses honoraires, chaque député de l’Assemblée nationale paie de moitié le prix de son véhicule, l’autre étant subventionnée par l’Etat. Ousmane Gaoual s’est « senti méprisé » de n’avoir jusque-là pas reçu le sien.


Jeune Afrique

Vendredi 14 Août 2015 - 10:23



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