Guinée: les observateurs européens derniers garants du scrutin

C’est toujours l'attente en Guinée-Conakry, presque trois semaines après les élections législatives. L’attention est tournée plus particulièrement vers la zone de Matoto. En effet, cette commune de Conakry est la principale circonscription du pays et elle pourrait faire basculer la tendance. Les premiers chiffres donnaient l'opposition en tête à Matoto, mais le parti au pouvoir a déposé plusieurs recours et la Commission électorale a décidé de tout recompter. Une opération qui se déroule alors qu’il ne reste plus dans le pays que les observateurs envoyés par l'Union européenne.



Guinée: les observateurs européens derniers garants du scrutin

Ils ne devaient que regarder, mais par la force des choses les observateurs européens se retrouvent bien malgré eux au centre des conflits de la commune de Matoto. Sans intervenir dans le processus électoral, les membres de la Mission d'observation électorale de l'Union européenne (MOEUE) jouent désormais un rôle de garant et d’apaisement face à une crise de confiance totale entre le parti au pouvoir et l’opposition.

A tel point que deux observateurs montent la garde toutes les nuits devant la porte cadenassée de la salle des travaux de la commission administrative de centralisation des votes : « Souvent, cela arrive très tard la nuit avec des travaux qui reprennent normalement le matin. Il faut garantir une présence européenne perçue comme très importante, voire fondamentale, pour l’intégrité du scrutin », explique Tommaso Caprioglio, le chef observateur adjoint de la mission européenne.Comme les gardes d’une forteresse, les observateurs se relaient toutes les huit heures. Personne ne peut entrer en dehors des heures de travaux de décompte des voix. Une sécurité renforcée par la présence de la force spéciale de sécurisation des législatives.

« Désormais, on se connaît très bien, ajoute Tommaso Caprioglio. Ils sont là, très disponibles. Ils cherchent un peu à nous conforter. Heureusement, la saison des pluies est terminée ; donc, même si on est à l’extérieur, on arrive à passer la nuit plus ou moins dans des conditions confortables ».

Mais la pression et la fatigue se font de plus en plus sentir. Même avec l’annonce prochaine des résultats provisoires, d’autres étapes sont à franchir avant la fin complète du processus électoral.


RFI

Jeudi 17 Octobre 2013 - 14:29



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