Guinée: les perdants en colère contestent le résultat des élections

Des poubelles renversées, des baricades erigées, des pneus incendiés. Hier, samedi 16 novembre, des Guinéens étaient dans les rues de Conakry pour dénoncer un «hold-up électoral» après la décision de la Cour suprême de valider la victoire du RPG du président Alpha Condé aux législatives du 28 septembre dernier. L'opposition conteste une décision qui ne prend pas en compte ses recours pour fraude et s'est réunie hier pour décider de la suite à donner à la contestation.



Guinée: les perdants en colère contestent le résultat des élections

Le verdict rendu par la Cour suprême sur les résultats définitifs des élections législatives du 28 septembre ne laisse personne indifférent en Guinée.


Les leaders politiques comme Jean-Marie Doré sont forcément déçus : « La Cour a osé dire qu’elle n’est pas compétente pour reconnaître le contentieux électoral. Alors, qui va dire le droit en matière de contentieux électoral ? s'indigne-t-il. Cela me fait personnellement très mal, parce que j’avais confiance dans un certain nombre de juges, y compris le premier. Et je souffre dans mon orgueil de trouver que l’ange n’est pas l’ange, parce que ces juges sont prêts de la retraite, ils n’ont plus une carrière aménagée, et la matière était très grave, dans une période très difficile. C’est cela qu’il fallait marquer, que l’espoir est permis à la Guinée ».


Le parti présidentiel, le Rassemblement du peuple de Guinée, appelle malgré tout à la responsabilité de chacun même si le résultat n’a pas été à la hauteur des espérances. « Chacun aurait voulu que ce soit autrement, concède Lansana Komara, secrétaire administratif du parti présidentiel. Maintenant que les résultats définitifs sont proclamés par la plus haute juridiction de notre pays, nous invitons les acteurs politiques et sociaux à faire preuve de responsabilité, et à œuvrer pour un climat de paix et de tranquillité, nécessaire pour le développement socio-économique de la Guinée »


Samedi soir, le représentant spécial du secrétaire général de l'ONU en Afrique de l'ouest et médiateur dans la crise guinéenne, Said Djinnit, a clôturé sa médiation avec la proclamation des résultats définitifs par la cour suprême de la Guinée, marquant ainsi la fin de la transition qui dure depuis décembre 2008. Il est allé dans le même sens :

« Le comité de suivi invite toutes les parties à s'inspirer de l'esprit du dialogue guinéen qui a abouti à l'accord du 3 juillet 2013 et à mettre en œuvre sans tarder les dispositions de cet accord portant sur les mesures d'accompagnement et d'apaisement, et sur la sélection de l'opérateur technique qui aura la charge de la confection de la liste électorale pour l'élection présidentielle de 2015, a-t-il déclaré, invitant déjà à regarder vers l'avenir. A cet égard, insiste-t-il, la future Assemblée nationale, dans sa composition plurielle, sera appelée à jouer un rôle important. Le comité encourage la mise en place rapide de cette institution ».


Saïd Djinnit a aussi appelé les partis à « tirer toutes les leçons de l'expérience vécue durant la préparation et l'organisation du scrutin du 28 septembre 2013, et des diverses lacunes et irrégularités constatées en vue de renforcer leurs institutions démocratiques, d'introduire les réformes jugées utiles, y compris en matière de gestion du contentieux ».


Rfi.fr

Dimanche 17 Novembre 2013 - 10:32



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