Guinée: sept morts après l’attaque contre une équipe anti-Ebola

En Guinée, une campagne de sensibilisation contre le virus Ebola qui a eu lieu mardi dans la région de N'Zérékoré a tourné au cauchemar pour une délégation conduite par le gouverneur de région. Au moment des discours pour expliquer comment se protéger contre le virus, les villageois s'en sont pris aux visiteurs qu'ils accusaient de propager de fausses nouvelles et d'être les vecteurs du virus. Les corps de sept personnes ont été retrouvés jeudi 18 septembre.



Sur les neuf personnes portées disparues depuis mardi dans la localité de Womé, sept corps ont été découverts dans une fosse de la cour de l'école primaire du village. Des cadavres appartenant aux membres d'une mission de sensibilisation à l'épidémie d'Ebola partis faire une campagne dans le sud du pays, la région la plus touchée de Guinée. Selon les premiers éléments de l'enquête, ils ont été tués par des villageois en colère.
Joint par RFI, Damantang Albert Camara, le porte-parole du gouvernement guinéen, confirme que dès le début de cette campagne de sensibilisation, l’équipe s’est rendue compte de l'hostilité des habitants de la localité. « L'hostilité a tout de suite dégénéré en violences avec des jets de pierres. La délégation s’est enfuie. Certains ont trouvé refuge dans la brousse et certains ont pu revenir jusqu’à N’Zérékoré », précise-t-il. Les habitants de Womé accusaient les visiteurs de propager le virus dans leur localité et de faire la propagande des Blancs.
Parmi les corps identifiés figurent le premier responsable préfectoral de la santé, le directeur adjoint de l'hôpital de N'Zérékoré, le sous-préfet de la localité et un pasteur. Les autres sont des journalistes qui accompagnaient cette mission. La délégation était conduite par le premier magistrat de la région. Ce dernier, tout comme le préfet, ont réussi à s'enfuir.
Six personnes interpellées
La plupart des habitants du village de Womé, la localité où s'est déroulé le drame, ont pris la fuite. Mais les autorités disent avoir interpellé six personnes et les forces de l'ordre étaient toujours déployées sur place dans la soirée, jeudi.
Dans une déclaration sur les médias d'Etat, le Premier ministre guinéen, Mohamed Saïd Fofana, a assuré que ces crimes ne resteraient pas impunis et que leurs auteurs recevraient la réponse judiciaire appropriée.

RFI

Vendredi 19 Septembre 2014 - 10:44



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