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Homélie Premier Dimanche de Carême

Le Père Bruno Favero nous propose sa médiation de l'Evangile du dimanche 9 mars, premier dimanche de Carême. Évangile de Jésus-Christ selon selon saint Matthieu 4,1-11 : «Jésus, après son baptême, fut conduit au désert par l'Esprit pour être tenté par le démon».



Homélie Premier Dimanche de Carême
Depuis le V/VI siècle ce texte ouvre le temps fort du Carême, pour mettre les catéchumènes devant une double réalité : l’existence du Malin qui cherche à nous détourner de la voie de Dieu et le combat que l’Esprit du Seigneur engage avec nous, pour enrayer les assauts du Diable. Au-delà de tout cela la tentation est une épreuve nécessaire pour donner consistance à la foi et rendre celui qui veut devenir chrétien capable d’assumer le combat quotidien que la foi lui demande. Laissons-nous donc conduire au désert, par l’Esprit, car ce même Esprit est à l’œuvre en nous pour nous défendre du Mouvais et nous faire triompher de la tentation.
 
 
Mais d’abord, mettons-nous à la place de Jésus, ce jeune rabbi qui est conscient de sa vocation mais qui, peut être, cherche le chemin pour la concrétiser dans le temps et l’espace en cette Palestine aride et turbulente. Je suis le Messie, comment utiliser mon pouvoir ? Je suis le Fils de Dieu, comment mettre en œuvre ma puissance ? En effet la tentation de Jésus se déclenche à ce niveau : comment concrétiser son messianisme, faut-il prendre le chemin de la gloire, ou celui de la croix ?  Faut-il utiliser la puissance de Dieu ou sa faiblesse ? Deux chemins sont devant lui, à lui de choisir !

 
Si nous sommes attentif, nous retrouvons dans ces tentations toutes les épreuves vécue par le peuple d’Israël dans son exode vers la Terre Promise, mais regardons bien, nos propres tentations et les tentations de l’Eglise y sont déclinées.
 
1. « Que ces pierres deviennent du pain » ! La première tentation concerne les choses, le besoins primaires de l’homme, la nourriture, l’abri, son statut économique.
Jésus a faim, après quarante jour de et quarante nuit de jeûne, et il est normal que la première tentation touche  cet aspect de la vie si sensible : l’avoir, les nécessites fondamentales. La réponse de Jésus est emblématique, c’est vrai le pain est nécessaire, mais il ne suffit pas à combler la faim profonde de l’homme. Sans Dieu et sa Parole notre projet de vie, notre espoir de développement, notre envie de posséder ne mènent à rien, du moins à rien de durable et vrai.
Notre tentation par rapport aux réalités matérielles est vraiment forte. Le modèle de vie qui s’annonce avec la globalisation de l’économie est fondé exclusivement sur ces réalités qui déterminent la valeur de la personne, évidemment, et n’accordent aucune place à Dieu et à sa Parole. 
L’Eglise vit sa profonde tentation à vouloir fonder sa puissance et son influence sur sa performance et efficacité dans tous les domaines. Fort heureusement le Pape François prône pour une Eglise pauvre et pour les pauvres. 
 
 
2. « Lance toi, fais le show, tout ira bien » ! La deuxième tentation porte sur notre relation avec Dieu. 
Jésus est tenté de mettre en œuvre un messianisme religieux sous forme de spectacle, comme une sorte de foire aux miracles.  Il est intéressant de noter comment Jésus refuse systématiquement de faire des miracles sur demande, il faut toujours que la foi soit au rendez-vous et, surtout il ne fait aucun miracle pour lui, pour se défendre ou se libérer, ou descendre de la croix…
Notre tentation en ce domaine du divin est extrêmement complexe. En fin de compte nous vaudrions un Dieu à la « baguette magique », toujours en train de satisfaire nos besoins : santé, guérison, succès, réussite, dépassement d’obstacles. Un Dieu à mon service, que je peux téléguider dans les méandres de mes problèmes pour m’en sortir. On est même capables de demander à Dieu de faire du mal aux autres, de nous débarrasser des ennemis, de détruire des mariages. On le voit très bien dans la religion traditionnelle et encore dans les nouvelle sectes ou églises du réveille, Dieu est un show-man, il suffit de lui donner à boire, ou de lui offrir du sang des sacrifices et voila le miracle est accompli…  

 
L’Eglise aussi vit sa tentation d’instrumentaliser le sacré pour accroitre sa puissance, d’utiliser Dieu et les choses de Dieu pour un profit. « Tu ne tenteras pas Dieu ».  Cessons d’utiliser Dieu comme s’il était un magicien, ou pire, un sorcier.
 
3. «  Adore moi, autrement dit renonce à ta divinité » ! La ruse du Démon est vraiment incroyable, non seulement il utilise les Ecritures pour se mettre sur le même plan de Jésus, mais il lui propose de renoncer à sa divinité. Absurde ! Diabolique !
Jésus é touché dans un domaine sensible pour l’homme, richesse et pouvoir, les deux éléments que l’inconscient humain cherche de toutes ses forces. Au point que Jésus dit que la richesse est une cause d’échec pour celui qui veut rentrer dans le Royaume des cieux. Le diable lui propose de réaliser un messianisme politique, dans lequel le vrai roi ne serait plus Dieu, mais le « prince du mensonge ».

 
Notre tentation secrète, que beaucoup d’hommes ont essayé de réaliser c’est celle de se substituer à Dieu, de devenir Dieu. Certains politiciens en Afrique et ailleurs croient vraiment que leur pouvoir est eternel et que le monde sans eux ne tourne pas. Sans compter que les adorateurs de Satan sont en train de se répandre dans le monde. Evidemment, lorsque on perd de vue Dieu tout est possible, même vendre son âme au diable pour en tirer de bénéfices.
L’Eglise peut aussi courir le risque de se substituer à Dieu et de faire son chemin attaché aux chars du pouvoir, de la richesse et de la mondanité. Heureusement le Pape François nous met en garde contre cet esprit de mondanité, contraire à Dieu. 

 
En guise de conclusion, nous pouvons affirmer que la tentation est nécessaire, d’abord celui qui est sur le bon chemin reçoit la tentation. Avec notre docilité à l’Esprit de Dieu nous pouvons les dépasser et affermir notre foi. La tentation nous met toujours devant un choix, celui du chemin humble et pauvre du Christ qui signifie se détourner du chemin de la facilité et de l’opportunisme. Le chrétien est un vrai lutteur qui sait défier les puissances du mal par sa capacité de modeler sa vie à celle du Christ. 
 
Bon combat en ce temps de Carême, que Marie la Mère de Jésus nous aide à vaincre les tentations et à vivre de chaque Parole qui sort de la bouche de Dieu. 

Sedicom

Samedi 8 Mars 2014 - 14:45



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