Immigration: Melilla, le “sale boulot de l'UE”

Pour endiguer les arrivées de migrants à Melilla, le Maroc, appuyé par l'Union Européenne, a lancé la construction d'une nouvelle barrière dissuasive et renforcé les patrouilles. Les associations locales dénoncent une construction “inhumaine” et veulent sensibiliser la société civile.



Immigration: Melilla, le “sale boulot de l'UE”

Une nouvelle barrière frontière avec fils barbelés et lames va venir renforcer le “maillage” anti-immigration entre le Maroc et l'Espagne.

Financé par l'Union Européenne et l'Espagne, ce “4e obstacle”, comme l'ont déjà surnommé les associations, est en cours de construction depuis le début du mois de mai et doit s'achever en septembre.

Selon Jose Palazón, directeur de l'association Prodein à Melilla, le Maroc a “creusé une fosse” et élevé une “clôture équipée de lames” de cinq mètres de haut sans en informer le public ou les tribunaux concernés par la question.

Plusieurs parlementaires de l'opposition ont d'ailleurs demandé, suite à la campagne de communication des ONG locales, des explications au gouvernement Benkirane.

L'association Rif des Droits humains (ARDH) a également dénoncé, samedi, le début des travaux près du Fort de Rostrogordo, au nord de Melilla.

“L'UE ne peut pas demander au Maroc de faire le sale boulot pour le contrôle de l'immigration clandestine. Cette construction est inhumaine. Les autorités marocaines violent leurs engagements auprès des migrants et vont continuer de commettre des crimes et des actes illégaux à la frontière.”

CHAKIB AL KHAYARI, PRÉSIDENT DE L'ARDH.

 


Immigration: Melilla, le “sale boulot de l'UE”

Une frontière de plus en plus hermétique

Cette nouvelle barrière va faciliter le travail des forces de l'ordre marocaines. L'Association unifiée des gardes civils (AUGC) a déclaré, dimanche, que l'installation d'une clôture au Maroc servait à “aider à endiguer le flux d'immigrants dans notre ville”. Selon les médias espagnols, des patrouilles conjointes devraient monter la garde entre les deux barrières. Cette pratique était courante en mer, mais inédite pour les policiers à pied.

L'AUGC a même indiqué que la création d'une gare commune des deux forces de sécurité a été envisagée. De plus, un bureau de Frontex, agence de gestion des frontières, devrait être installé à Melilla, pour que l'UE s'implique davantage dans la question des migrants.

Les associations dénoncent ces décisions et préviennent que cette construction ne ralentira pas la pression migratoire sur Melilla. Cette nouvelle barrière n'impactera que “la chair des migrants” qui prendront encore plus de risques, “leur causant d'importantes blessures”, affirme Jose Palazón.

La construction n'a toujours pas été confirmée par les autorités marocaines, peu dissertes sur ce sujet. De son côté, l'Espagne a d'ores et déjà “remercié” son voisin par la voix de Jorge Fernández Díaz, ministre de l'Intérieur.


aufaitmaroc

Vendredi 16 Mai 2014 - 12:49



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