Introduction de Facebook en Bourse: le réseau social à l’épreuve des marchés

L'introduction en Bourse ce vendredi 18 mai 2012 de Facebook, est l'événement de l'année dans le secteur de la net économie. La société californienne à l'origine du site communautaire aux 900 millions d'utilisateurs dans le monde compte lever plus de 18 milliards de dollars. Quelle est la stratégie de Facebook face à ses rivaux Apple et Google ? Le premier réseau social du monde réussira-t-il son pari économique ?



Facebook fait son entrée en bourse ce vendredi 17 mai 2012 au prix de 38 dollars l'unité REUTERS/Keith Bedford
Facebook fait son entrée en bourse ce vendredi 17 mai 2012 au prix de 38 dollars l'unité REUTERS/Keith Bedford
Mark Zuckerberg, le fondateur et PDG de Facebook, a fêté ses 28 ans le 14 mai, et pour l’occasion, il s’est offert un cadeau de rêve : l’introduction de son entreprise sur le Nasdaq. Le cours des actions, fixé au départ entre 28 et 35 dollars, a été relevé. Il se situe désormais autour de 38 dollars. Sans surprise, la demande devrait être très grande dans ce qui apparaît d'ores et déjà comme l'une des plus grosses entrées en Bourse réalisées aux Etats-Unis depuis des années.

Les premiers servis seront les grandes compagnies d'assurance, les fonds de pension, ainsi que les épargnants les plus aisés, qui vont s'arracher certaines des 422 millions d'actions. Les petits porteurs auront sans doute peu de chance d'avoir des actions Facebook, au moment de l'entrée en Bourse. Mais rien ne les empêche d'en acquérir plus tard. L'entreprise est, en effet, jugée durable, avec de bonnes perspectives de croissance. Mark Zuckerberg semble savoir où il mène sa barque.

L’ADN de Facebook c’est l’internet

Les estimations sur la valorisation boursière du groupe vont de 50 et 104 milliards de dollars. Les experts s'accordent à dire que la future valeur de la société dépendra de son potentiel de croissance. Or, à ce stade, Facebook est encore en compétition avec Google, estime Philippe Torres, directeur conseil et stratégie numérique de l'Atelier BNP Paribas : « Passer devant Google en terme d’audience est à présent la priorité de Facebook. Les pays émergents constituent pour lui un réservoir important de croissance. Mais pour l’instant, l’infrastructure d’accès à Internet dans ces pays n’est pas aussi développée que dans les pays les plus riches. La croissance des membres de Facebook dans ces pays dépendra, donc, de la propagation du haut débit ». Cela prendra probablement encore deux à trois ans à Facebook de trouver les relais de croissance dans les pays émergents.

Viser le marché des mobiles

Pour l’instant, si les utilisateurs de Facebook sont de plus en plus nombreux, les bénéfices du groupe stagnent. En 2011, Facebook a fait 3,7 milliards de dollars de chiffre d'affaires, dont 85% ont été gagné sur la publicité. L'usage de Facebook sur le mobile se généralise (une hausse de 69% sur un an).

Mais le téléphone portable ne génère pas encore de revenus venant de la publicité. Et Facebook est en retard sur ce créneau. Selon Benoît Flamant, directeur du cabinet IT Asset Management, l’usage de l’internet sur le téléphone mobile détermine la stratégie des géants du Web aujourd’hui : « Vous devez être le leader sur le mobile. Et pourtant, la monétisation n’y est pas forcément évidente. Toutes les sociétés internet rencontrent ce problème ».

Il n’est pas facile d’introduire une publicité sur un petit écran du téléphone mobile. Comment fera Facebook ? Après s’être offert dernièrement des applications Instagram et Glancee, le réseau social a annoncé le lancement prochain d’un App Center, une plate-forme de téléchargement d’applications comparable à l’App Store d’Apple ou à Google Play pour Android.

« C’est une manière de toucher de l’argent. Au moment où vous allez payer une application, Facebook compte percevoir une commission ». C’est une des réponses au problème des bénéfices, mais aussi une source d’incertitude quant à la valorisation possible du groupe.

Le e-commerce basé sur les réseaux sociaux

Et pourtant, l’App Center de Facebook pourrait devenir le nouveau passage obligé des éditeurs qui offrent leurs services en ligne. Car Mark Zuckerberg a déjà une idée derrière la tête. Sa priorité stratégique semble claire : faire mieux que Google ! Selon Philippe Torres, Facebook veut démontrer aux marchés que « des applications qui sont conçues pour des réseaux sociaux (appelés aussi le Web 2) sont plus puissantes en terme d’audience, de taux d’acceptation et de temps passé sur ces médias que des applications qui sont faites en Web 1, c’est-à-dire, celle qui opèrent à travers une seule page Web ouverte qui rend un service. C’est là-dessus qu’ont misé ceux qui ont investi lourdement dans Facebook ».

Ce que les investisseurs attendent de l’introduction de Facebook sur le Nasdaq, c’est sa capacité de démontrer que le Web 2 l’emportera à terme sur le Web 1.

Facebook est en train de démontrer que le Web de demain, et avec lui le e-commerce, seront essentiellement basé sur les réseaux sociaux, avec à la clef, un marché beaucoup plus important que le strict marché de la publicité. L'entrée en Bourse de Facebook montrera si sa valorisation est à la hauteur de ses ambitions.
Source: RFI


Vendredi 18 Mai 2012 - 13:03



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