Irak: Obama confirme des frappes ciblées, mais pas de nouvelle guerre

Les Etats-Unis ont lancé une série d'opérations militaires en Irak, après que les jihadistes ont poussé plus loin leur prise de contrôle des terres occupées par des chrétiens. Des opérations dites « humanitaires », alors qu'ici et là, on évoque de plus en plus la possibilité de bombardements. Par ailleurs, le Conseil de sécurité des Nations unies s'est dit « scandalisé » par la situation des minorités piégées par l'avancée des jihadistes.



Irak: Obama confirme des frappes ciblées, mais pas de nouvelle guerre
Les frappes sont autorisées, mais elles n’ont pas été lancées. Le Pentagone confirme que les Etats-Unis ont commencé à parachuter des palettes d’aide humanitaire dans la région du Kurdistan irakien, dans laquelle des milliers de chrétiens d’Irak se sont réfugiés.
L’armée américaine se mettra en action si l’Etat islamique venait à avancer vers Erbil, la grande ville kurde du nord du pays. Le Pentagone doit évaluer la situation heure par heure avant de prendre la décision d’agir, rapporte notre correspondante à Washington, Anne-Marie Capomaccio.
Barack Obama veut empêcher un « génocide »
Le président des Etats-Unis, qui s’est exprimé jeudi en fin de journée (3h30 en France) depuis la Maison Blanche, sans donner de détails, a par ailleurs annoncé une aide militaire aux troupes kurdes et irakiennes, afin de briser le siège du mont Sinjar. Une zone dans laquelle des milliers de civils sont piégés.
Le risque de « génocide », selon le terme employé par Barack Obama, force les Etats-Unis à agir. « Nous pouvons agir, de façon responsable et prudente, pour éviter un éventuel acte de génocide », a-t-il expliqué.
Enfin, autre argument avancé par le président américain, le risque que la progression de l’Etat islamique fait courir aux citoyens américains, à Bagdad et à Erbil. Dans cette ville du Kurdistan, les Etats-Unis ont un consulat, et des « conseillers militaires ». Il ne s’agit pas de mettre leur vie en danger…
Pas de troupes au sol
Barack Obama: «Les Etats-Unis ne peuvent, ni ne doivent intervenir à chaque crise dans le monde» 08/08/2014 - par Anne-Marie Capomaccio écouter
Dans son intervention, Barack Obama a expliqué pourquoi il autorise d’éventuelles frappes en Irak ; il a aussi pris le soin de dire aux citoyens américains que les Etats-Unis n’allaient pas s’engager dans une nouvelle guerre en Irak. C’est un exercice obligatoire. Barack Obama l’a promis, il n’y aura plus de troupes américaines en Irak, il n’y aura pas d’engrenage. Il sait que l’opinion publique américaine, en grande majorité, ne le suivrait pas sur ce point. « En tant que commandant en chef, je ne permettrai pas que nous soyons entraînés dans une autre guerre en Irak, a déclaré le président américain. Même si nous aidons les Irakiens à combattre ces terroristes, les troupes américaines ne retourneront pas combattre en Irak, car il n’y a pas de solution militaire américaine à la crise en Irak ».
La solution à la crise irakienne doit être politique
Barack Obama a appelé, pour la énième fois, le Premier ministre Maliki à former un gouvernement d’union nationale. Mais il se refuse à l'aider. Le Premier ministre irakien a échoué à former un tel gouvernement, et n’a pas rempli les conditions requises à la fin des années 2000, lorsqu’il s’agissait de laisser sur le terrain des troupes américaines. Barack Obama a donc rapatrié tous les militaires et il ne veut pas y revenir.
La solution durable en Irak viendra de l’intérieur, dans l'unité de toutes les composantes du pays et non pas des Etats-Unis. « La seule solution durable est la réconciliation entre les communautés irakiennes et des forces de sécurités irakiennes plus fortes », un principe que Barack Obama a de nouveau exposé cette nuit.
Le Conseil de sécurité des Nations unies « scandalisé »
Les 15 membres du Conseil de sécurité se sont dit « scandalisés », jeudi soir, par la situation des minorités irakiennes piégées et menacées de mort par les forces de l’Etat islamique. Des populations qui ont besoin d’ « aide humanitaire urgente », selon les termes de la déclaration commune, rapporte notre correspondante à New York, Elisabeth Guedel. Les diplomates appellent la communauté internationale à « soutenir le gouvernement irakien » à faire face à l’avancée des jihadistes dans le nord du pays, et à faire « tout ce qui est possible pour aider à soulager les souffrances de la population ».
Le Conseil de sécurité n’hésite pas à qualifier les persécutions subies par ces minorités religieuses, les chrétiens et les yezidis, de possibles « crimes contre l'humanité ». « Toutes les parties, y compris l’Etat islamique et les groupes armés qui y sont liés, doivent respecter les lois humanitaires internationales », ajoute la déclaration, alors que les Etats-Unis ont commencé à parachuter des vivres aux minorités assiégées.
L'ambassadeur irakien à l’ONU, Mohammed Ali al-Hakim, a par ailleurs confirmé des discussions entre Washington et Bagdad sur de possibles frappes militaires américaines contre les positions jihadistes.

RFI

Vendredi 8 Août 2014 - 11:53



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter